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Gabon : éviction de 130 personnels de la Présidence, remis à la disposition de leurs ministères d’origine

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À l’issue du Conseil des ministres du vendredi 22 mai 2026, l’exécutif a officialisé le renvoi de plus de 130 personnels de la Présidence de la République, immédiatement remis à la disposition de leurs administrations d’origine. Cette mesure d’éviction massive, loin d’être un simple réajustement technique, incarne la clé de voûte d’une politique plus globale : la réduction drastique du train de vie de l’État.

Pour le chef de l’Etat Brice Clotaire Oligui Nguema, l’exemplarité doit se manifester à la tête de la nation. En ciblant les effectifs pléthoriques de sa propre administration, ce dernier traduit en actes sa volonté d’endiguer la prolifération des postes de complaisance. Hommes et femmes émergeant jusqu’alors au budget de la Présidence voient ainsi leurs détachements annulés. 

Derrière ces départs forcés se cache une stratégie comptable rigoureuse : le gouvernement cherche activement à maîtriser sa masse salariale. Dans le cadre de la loi de finances rectificative 2026, les dépenses de personnel affichent déjà un premier fléchissement. Cet assainissement du fichier des agents publics prouve que le sommet de l’État n’est plus une zone d’impunité budgétaire.

Guerre ouverte contre l’expansivité financière

Cette vague d’évictions n’est qu’un prélude à un plan de rigueur beaucoup plus vaste. L’exécutif refuse désormais de tolérer le gaspillage des deniers publics et s’attaque de front à l’« expansivité » des charges étatiques. C’est dans cette optique que le ministère de l’Économie a reçu instruction de concevoir un cadre juridique inédit afin de plafonner les rémunérations des hauts dirigeants des établissements publics et des sociétés d’État. L’objectif est limpide : harmoniser les traitements, rationaliser la dépense et réorienter les économies ainsi réalisées vers le financement d’infrastructures de développement urgentes pour les populations gabonaises.

À l’heure où le pays négocie un nouveau programme d’accompagnement avec le Fonds monétaire international (FMI), Libreville se doit d’afficher une discipline budgétaire irréprochable. En dégraissant sa propre administration et en limitant les privilèges financiers, le pouvoir central envoie un signal de crédibilité fort aux partenaires internationaux. Reste à savoir si cette thérapie de choc saura durablement assainir les finances publiques sans paralyser l’efficacité de l’État.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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