Gabon : polémique autour d’un déplacement des cadres de l’UDB à bord d’un avion de l’Armée de l’Air

Alors que l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), le parti du président de la République, poursuit sa tournée nationale afin de renforcer son implantation territoriale après ses larges victoires aux élections législatives et locales de 2025, une polémique enfle sur les réseaux sociaux. En cause, des images montrant le secrétaire général du parti, Mays Mouissi, et plusieurs cadres de l’UDB descendant d’un avion estampillé « Armée de l’air gabonaise ». Pour certains internautes et observateurs, cette scène traduit un usage des moyens de l’État à des fins partisanes. Une accusation qui ravive le débat récurrent sur la frontière entre activités politiques et ressources publiques dans un contexte où les attentes en matière de gouvernance exemplaire demeurent fortes.
Les images, devenues virales en quelques heures, montrent notamment Mays Mouissi, la présidente de la Ligue des femmes de l’UDB, Laurence Ndong, ainsi que le responsable de la Ligue des jeunes, Anicet Engo, à leur arrivée à l’aéroport de Koulamoutou, accueillis par une foule de militants. Si la scène aurait pu passer inaperçue dans le cadre d’un déplacement politique classique, la présence visible d’un aéronef militaire à l’arrière-plan a rapidement suscité interrogations et critiques. Sur certaines séquences, Laurence Ndong apparaît même descendant directement de l’appareil. Pour de nombreux internautes, le recours à un avion de l’Armée de l’air pour une mission politique pose un problème d’éthique et d’image, malgré l’absence, à ce stade, d’éléments attestant d’une quelconque irrégularité.
Une prestation facturée par l’armée de l’air
Face à l’ampleur de la polémique, la direction de l’UDB a tenu à apporter des précisions. Citée par GabonReview, elle affirme que le transport aérien a bien été facturé au parti par l’Armée de l’air gabonaise. Selon cette version, l’UDB aurait déboursé 8,6 millions de FCFA, financés par les cotisations de ses militants, pour les trajets Libreville-Koulamoutou-Libreville et Libreville-Mvengué-Libreville. Le parti assure ainsi qu’aucun moyen public n’aurait été utilisé gratuitement ou détourné au profit de ses activités politiques.
Au-delà des explications fournies, cette affaire met surtout en lumière la sensibilité de l’opinion publique sur les questions liées à l’utilisation des moyens de l’État. Dans un contexte politique marqué par une forte surveillance citoyenne, chaque geste des responsables publics est désormais scruté et commenté. Même lorsqu’elles sont légalement encadrées, certaines pratiques peuvent rapidement alimenter soupçons et procès d’intention. En choisissant de recourir aux services d’un aéronef militaire, l’UDB et ses dirigeants ont involontairement ouvert la voie à une controverse qui souligne l’importance, pour le parti présidentiel, d’adopter une communication et des pratiques irréprochables afin d’éviter toute confusion entre État et appareil politique.










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