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Santé : l’infertilité masculine, une problématique banalisée

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Longtemps considérée comme une question relevant essentiellement des femmes, l’infertilité demeure entourée de nombreux préjugés. Pourtant, les spécialistes rappellent qu’elle concerne aussi bien les hommes que les femmes. Malgré cette réalité, la participation masculine dans le parcours de prise en charge se limite souvent à la réalisation d’un spermogramme, tandis que les femmes subissent la majorité des examens médicaux. Cette situation contribue à banaliser l’infertilité masculine et retarde parfois son diagnostic, comme l’a récemment souligné BBC News Afrique.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’infertilité constitue l’un des défis de santé publique les plus négligés de notre époque et un important enjeu d’équité dans le monde. Elle est définie comme l’incapacité d’obtenir une grossesse après douze mois ou plus de rapports sexuels réguliers non protégés. Au-delà de l’aspect médical, cette situation entraîne souvent une profonde détresse psychologique, une stigmatisation sociale et des difficultés financières, avec des répercussions importantes sur le bien-être mental et psychosocial des personnes concernées. Les experts estiment par ailleurs que l’infertilité masculine est impliquée dans près de 50 % des cas d’infertilité au sein des couples.

Des obstacles culturels qui freinent le diagnostic

L’infertilité masculine reste encore fortement associée aux notions de virilité et de masculinité, ce qui pousse de nombreux hommes à éviter les consultations ou les examens spécialisés. Pourtant, plusieurs facteurs peuvent altérer la qualité du sperme, notamment le stress chronique, le manque de sommeil, le tabagisme, la consommation excessive d’alcool ou encore une alimentation déséquilibrée. Une étude réalisée en 2022 par des chercheurs de l’Université de Dundee a d’ailleurs montré qu’environ un spécialiste européen de la fertilité sur six rencontre régulièrement des difficultés à convaincre les hommes d’effectuer un test de sperme, révélant ainsi la persistance de nombreux tabous.

Selon BBC News Afrique, certains hommes estiment ne pas pouvoir être infertiles parce qu’ils sont sexuellement actifs ou ont déjà eu un enfant. Une perception qui peut retarder la prise en charge et réduire les chances de traitement. Pour le professeur Alnajjar, s’exprimant également au nom de l’Association britannique des chirurgiens urologiques, l’infertilité masculine ne doit plus être considérée uniquement comme un obstacle à la procréation. Elle constitue également un véritable problème de santé masculine pouvant révéler d’autres pathologies et offrir une occasion d’intervenir précocement. Sensibiliser davantage les hommes à cette réalité apparaît donc indispensable pour favoriser un diagnostic précoce et une meilleure prise en charge des couples confrontés à l’infertilité.

Geneviève Dewuno Edou

Diplômée en journalisme,je suis chargée des rubriques Santé en plus d’être l’une des voix derrière de nombreux reportages de GMTtv. L'écriture, la pose de voix, la présentation du Journal télévisé sont les principales tâches que j’exécute et pour lesquelles je mets mes capacités au quotidien au profit de la rédaction de Gabon Media Time.

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