Gabon : les Volontaires de l’ONU au chevet des savoirs écologiques ancestraux
À l’aube, lorsque les brumes s’évaporent sur le lac Onangué, une pirogue à moteur fend doucement les eaux pour s’enfoncer dans les bras humides du Bas-Ogooué. À son bord se trouvent des hommes et des femmes investis d’une mission cruciale : sauvegarder la mémoire écologique du Gabon. À travers une initiative soutenue par les Nations Unies, des volontaires sillonnent les zones les plus enclavées du pays afin de recueillir et documenter les savoirs traditionnels des communautés locales avant qu’ils ne s’éteignent à jamais.
Dans ces contrées reculées du corridor Bas-Ogooué-Basse Nyanga, l’accès relève souvent du défi logistique. En l’absence de réseau téléphonique et face à des pistes impraticables durant la saison des pluies, plusieurs villages vivent en quasi-autarcie. Pour des acteurs du terrain comme Lauriana et Roger Nguema, ce dernier âgé de 60 ans et collecteur de savoirs, la première étape consiste à rompre l’isolement.
« Lorsque les communautés sont coupées du monde depuis longtemps, la confiance ne s’installe pas du jour au lendemain », souligne Lauriana. Transmis exclusivement par voie orale de génération en génération, ces secrets jalousement gardés sur la faune, la flore ou les sites sacrés ne se livrent pas aisément aux visiteurs d’un jour. C’est en collaborant étroitement avec les chefs de village et les notables locaux que les volontaires parviennent à établir un dialogue sincère.
Une cartographie vivante de la biodiversité
Grâce à cette immersion patiente, un patrimoine immatériel inestimable refait surface. Méthodes de pêche durables, repères saisonniers méconnus, usages thérapeutiques des plantes médicinales ou pratiques agricoles ancestrales : autant de compétences indispensables pour appréhender les écosystèmes forestiers et aquatiques du Gabon.
Cette quête mémorielle dépasse la seule conservation de la nature. Elle s’inscrit au cœur de la survie quotidienne des ménages ruraux. À Ikobey, par exemple, la collecte de données s’est traduite concrètement par l’accompagnement d’une coopérative de canne à sucre réunissant une vingtaine de villageois, alliant ainsi préservation de l’environnement et développement économique local.
Des retombées concrètes pour les territoires
Au total, cette synergie entre les Volontaires des Nations Unies, le PNUD, les peuples autochtones et les habitants a déjà permis d’impacter directement plus de 1 000 personnes et d’en faire bénéficier indirectement près de 10 000 autres. En couvrant plus de 50 000 hectares de paysages forestiers, le projet démontre que la protection de la planète passe inévitablement par l’écoute et la valorisation de ses premiers gardiens.








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