RSE : à Abidjan, Ameenah Gurib-Fakim plaide pour une révolution culturelle en faveur des filles dans les sciences
Invitée de la 10ᵉ édition de l’African Business & Social Responsibility Forum (ABSRF) à Abidjan, l’ancienne Présidente de la République de Maurice, Ameenah Gurib-Fakim, a livré un plaidoyer fort pour l’éducation scientifique des jeunes filles africaines. Face aux stéréotypes, aux inégalités structurelles et aux freins sociaux, elle appelle l’Afrique à réhabiliter son histoire et à créer les conditions d’une véritable égalité des chances dans les métiers scientifiques.
Alors que le continent africain cherche à accélérer sa transformation économique et technologique, la question de la place des femmes dans les filières scientifiques demeure un défi majeur. Malgré des progrès enregistrés ces dernières années, les femmes restent largement sous-représentées dans les domaines des sciences, de l’ingénierie et des technologies. À Abidjan, dans le cadre des échanges consacrés à la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE), Son Excellence Ameenah Gurib-Fakim, scientifique de renommée internationale et ancienne cheffe d’État mauricienne, a partagé son expérience personnelle pour illustrer les obstacles que continuent de rencontrer de nombreuses jeunes Africaines.
Combattre les stéréotypes qui éloignent les filles des sciences
« On m’a dit un jour que la science était faite pour les garçons et non pour les filles », a confié l’ancienne Présidente mauricienne. Selon elle, ces représentations continuent d’influencer les choix d’orientation de nombreuses jeunes filles à travers le continent. Pour Ameenah Gurib-Fakim, le problème ne réside pas dans les capacités des femmes mais dans les perceptions construites depuis des générations. « Il est complètement faux de penser que certaines disciplines comme la physique, la chimie ou l’ingénierie seraient réservées aux hommes », a-t-elle insisté.
Face à cette réalité, elle estime que l’Afrique doit réhabiliter les figures féminines qui ont marqué son histoire scientifique, politique et culturelle. « Nos enfants ignorent souvent la contribution des femmes africaines à l’évolution des sciences et des civilisations », a-t-elle regretté.
Des réformes structurelles pour passer du discours à l’action
Interrogée par Alioune Gueye, PDG de L’Afrique qui ose !, sur les solutions à mettre en œuvre, Ameenah Gurib-Fakim a plaidé pour des mesures concrètes, notamment des mécanismes de quotas temporaires, un accès gratuit à l’éducation et des infrastructures adaptées aux besoins des jeunes filles.
Elle a également souligné la nécessité de mieux accompagner les femmes tout au long de leur carrière. Selon elle, les responsabilités familiales continuent de constituer un frein majeur à leur progression professionnelle, particulièrement dans les secteurs scientifiques. « La société demande souvent beaucoup plus aux femmes qu’aux hommes », a-t-elle observé, appelant à repenser les politiques publiques en matière de garde d’enfants, de congés parentaux et d’accompagnement des carrières féminines.
À travers ce plaidoyer, l’ancienne Présidente mauricienne a rappelé que l’éducation scientifique des filles ne constitue pas seulement un enjeu d’égalité. Elle représente aussi un impératif de développement pour un continent qui ne pourra relever les défis de demain sans mobiliser pleinement le potentiel de la moitié de sa population.










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