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Gabon : 41 milliards de FCFA dépensés chaque année pour l’importation du riz

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Le chiffre donne le tournis : 41 milliards de FCFA. C’est le montant colossal que le Gabon débourse désormais chaque année pour importer plus de 95 000 tonnes de riz. En l’espace de seulement cinq ans, la facture a été multipliée par cinq, s’élevant à peine à 8 milliards de FCFA en 2019. Cette hémorragie financière, révélée par les statistiques du ministère de l’Agriculture, place le pays dans une vulnérabilité économique préoccupante face à la volatilité des marchés mondiaux.

Cette explosion budgétaire n’est pas seulement le signe d’une consommation accrue, mais celui d’une dépendance structurelle qui pèse lourdement sur la balance commerciale. À l’échelle du continent, le Gabon partage ce fardeau avec une Afrique qui importe encore 40 % de ses besoins en riz. 

Pour le gouvernement gabonais, l’enjeu dépasse désormais le simple cadre agricole : il s’agit d’une urgence de souveraineté nationale. Chaque sac de riz acheté à l’extérieur est une opportunité de croissance et d’emploi qui échappe au territoire national.

Inverser la courbe : Les solutions en marche

Face à ce constat alarmant, les autorités ont lancé une stratégie de riposte articulée autour de trois piliers majeurs à travers d’une part la formation et l’emploi des jeunes. Ainsi, à Kougouleu, la deuxième phase d’une formation intensive forme actuellement 50 jeunes issus de coopératives et du secteur privé. L’objectif est de professionnaliser la filière pour passer d’une agriculture de subsistance à une production industrielle.

Grâce au Programme National de Sélection d’Amélioration Variétale (PNSDV-PS), le Gabon dispose désormais de variétés de riz homologuées, spécifiquement adaptées aux particularités de son sol. C’est le « Made in Gabon » scientifique au service de l’autonomie alimentaire.

Par ailleurs, conscients que la technique ne suffit pas, les acteurs du secteur appellent à un soutien durable. Pour pérenniser ces efforts, le déploiement de mécanismes de financement et d’un suivi technique à long terme est indispensable.

En remplaçant les importations par une production locale forte, le Gabon ambitionne non seulement de stabiliser ses finances, mais aussi de devenir un modèle de résilience pour le reste du continent.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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