Task-Force de la CNAMGS : quand le gouvernement croise les propositions de réforme de Franck Nguema
« 600 milles cotisants pour près de 1,3 millions de bénéficiaires, ce n’est plus tenable ! », avait lancé le président de la République, parlant de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS). Il faut désormais réformer la maison. C’est le maître mot qui circule dans les milieux gouvernementaux. Et c’est au vice-président du Gouvernement en personne, Hermann Immongault d’engager cette réforme de restructuration, d’où la récente session de travail qui a découlé sur l’annonce de la mise en place d’une Task-force interministérielle visant à « redresser » cet outil social. En engageant ce chantier via une Task-force, le gouvernement semble ainsi emprunter les pas de l’ancien député d’Akanda, Franck Nguema qui, dans la continuité de son essai politique et social « Ce qui est bon pour les gabonais est bon pour le Gabon », a récemment plaidé pour une réforme ambitieuse de la CNAMGS en proposant le passage d’une couverture nominale à une couverture effective des soins.
C’est semble-t-il aussi l’objectif que veut atteindre le gouvernement qui souhaite non seulement élargir l’assiette des cotisants en poussant les travailleurs du secteur informel à la formalisation, en sécurisant les cotisations des agents publics via un compte d’affectation spéciale créé au Trésor, en accélérant la digitalisation, tout en imposant une gouvernance exemplaire via la signature d’un contrat de performance. Pour sa part, Franck Nguema n’en dit pas moins lorsqu’il postule que la performance de la CNAMGS devrait désormais se mesurer non plus au nombre de cartes délivrées ou au nombre d’assurés enregistrés, mais plutôt au taux d’accès réel aux soins, à la disponibilité des médicaments, à la prise en charge effective, au reste à charge pour les ménages, au taux de renoncement aux soins.
Deux leviers indispensables au redressement de la CNAMGS
D’une part renforcer et sécuriser les cotisations, d’autre part améliorer la qualité des soins. Deux formules indispensables qui visent un objectif commun : celui de sauver la CNAMGS d’une mort programmée afin d’en faire un outil de performance sanitaire au service du plus grand nombre. Franck Nguema va d’ailleurs plus loin dans son Essai politique et social en proposant une « extension ciblée » de la couverture santé universelle en intégrant les personnes vulnérables identifiées via le Registre social unique (RSU) qu’il propose de mettre en place.
Ainsi, en rétablissant l’équilibre financier de la Caisse et en imposant aux dirigeants des indicateurs de performance, le gouvernement pourrait mieux cibler sa politique d’accès équitable aux soins de santé, en s’inspirant davantage des propositions de Franck Nguema. Quoi qu’il en soit, la Task-force composée des techniciens de la Fonction publique, des Affaires sociales, de la Santé et du Budget, devrait rendre sa copie à l’horizon du second semestre de cette année.










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