Gabon : la DGI ambitionne mobiliser 1 350 milliards de FCFA d’ici 2027
Pour s’affranchir de sa dépendance historique aux fluctuations des cours du pétrole, le Gabon redessine en profondeur sa stratégie budgétaire. La Direction générale des impôts (DGI) vient de dévoiler une feuille de route offensive à travers son Plan stratégique 2025-2027. L’objectif affiché est clair : faire bondir les recettes fiscales de 1 002,2 milliards de FCFA, enregistrés en 2023, à 1 349,7 milliards d’ici quatre ans. Cela représente une plus-value substantielle de près de 347,5 milliards de FCFA à concrétiser d’ici la fin de la période.
Pour remporter ce pari, l’administration fiscale fait un choix pragmatique : pas question d’asphyxier les ménages et les entreprises avec de nouvelles taxes ou une hausse des taux d’imposition. La doctrine repose désormais sur une optimisation rigoureuse des mécanismes existants.
Concrètement, la DGI s’appuie sur quatre piliers majeurs : le renforcement de la gouvernance interne, la modernisation des services, la valorisation des compétences des agents et, surtout, l’élargissement de l’assiette fiscale. En clair, la priorité est d’intégrer de nouveaux contribuables dans le système pour « taxer mieux et plus largement », plutôt que de surtaxer les acteurs économiques déjà recensés.
Le virage numérique comme accélérateur
Le véritable moteur de cette transformation sera technologique. La DGI ambitionne de dématérialiser la totalité de ses activités métiers. Ce saut quantique s’appuiera sur le déploiement d’outils modernes à l’instar des solutions Digitax et Mobitax, de la généralisation du télépaiement et d’un système de gestion électronique des documents.
Parallèlement, la fin du cloisonnement administratif est actée. En interconnectant ses bases de données avec celles de la Douane, du Trésor, de la CNSS et de la Chambre de commerce, le fisc gabonais pourra croiser les informations en temps réel. Une arme redoutable pour identifier instantanément les incohérences déclaratives et débusquer les activités non enregistrées.
Un crash-test pour la crédibilité budgétaire
Cette refonte de l’appareil fiscal intervient à un moment charnière. En pleines négociations pour un programme avec le Fonds monétaire international (FMI), Libreville doit impérativement rassurer les bailleurs de fonds et restaurer sa crédibilité financière.
Générer près de 347 milliards de FCFA supplémentaires sans alourdir la fiscalité nominale s’avère séduisant sur le papier. Néanmoins, l’exécution sur le terrain reste le principal point d’interrogation. La réussite de ce plan dépendra de la capacité réelle de la DGI à finaliser sa mutation technique, mais aussi de sa propension à inciter un secteur informel réticent à rejoindre le circuit formel. Deux chantiers d’envergure qui, au Gabon, demeurent encore en phase de consolidation.










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