Industrialisation : le Gabon ouvre le chantier de la transformation locale avec l’Europe
Les Rencontres de l’industrie se sont ouvertes ce 23 juin 2026 à Libreville avec une ambition clairement affichée : accélérer la transformation locale des ressources naturelles et faire du secteur industriel l’un des piliers de la croissance économique gabonaise. Pendant quatre jours, autorités publiques, investisseurs et partenaires européens tenteront de dessiner les contours du Gabon industriel de demain.
La Chambre de commerce de Libreville accueille depuis ce mardi 23 juin les Rencontres de l’industrie, un rendez-vous économique majeur placé sous le sceau de la souveraineté productive et de la création de valeur locale. Organisée jusqu’au 26 juin, cette plateforme réunit industriels, opérateurs économiques, investisseurs européens et décideurs publics autour d’un objectif commun : faire du Gabon un acteur industriel de référence en Afrique centrale.
L’ouverture officielle des travaux a été présidée par le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, qui a rappelé la volonté des autorités de rompre avec le modèle économique traditionnel fondé sur l’exportation de matières premières brutes.
Transformer au Gabon pour créer davantage de richesse
Pour le ministre de l’Industrie et de la Transformation locale, Me Lubin Ntoutoume, l’heure est désormais à la montée en gamme de l’économie nationale. « Notre objectif est simple : faire du Gabon non plus un pays producteur et exportateur de matières premières brutes, mais un pays créateur de richesses, d’emplois qualifiés et de savoir-faire industriel », a-t-il déclaré devant les participants.
Cette vision s’inscrit pleinement dans les orientations définies par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui a fait de la transformation locale l’un des principaux leviers du développement économique du pays.
Bois, mines, agriculture, pêche, matériaux de construction, énergie ou encore industries manufacturières figurent parmi les secteurs identifiés comme prioritaires pour soutenir cette nouvelle dynamique.
L’Europe veut renforcer sa présence au Gabon
Face à une concurrence internationale de plus en plus forte, les partenaires européens entendent également consolider leur position sur le marché gabonais. Présent à l’ouverture des travaux, l’ambassadeur de France au Gabon, Fabrice Mauriès, a souligné l’intérêt grandissant des entreprises européennes pour les opportunités offertes par le pays.
« Nous avons le retour de 30 entreprises européennes dans le domaine de l’énergie au Gabon », a-t-il indiqué, tout en reconnaissant que la compétition avec d’autres partenaires internationaux impose aux entreprises européennes de se montrer plus attractives. Ces rencontres visent notamment à favoriser les échanges B2B entre investisseurs européens et entreprises gabonaises afin d’identifier de nouveaux projets de partenariat.
Le PNCD comme moteur de l’ambition industrielle
Pour Hermann Immongault, l’industrialisation constitue désormais l’un des axes centraux du Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030. Le vice-président du gouvernement a rappelé que ce programme prévoit près de 27 000 milliards de francs CFA d’investissements, dont 18 000 milliards destinés au secteur industriel. « Produire davantage au Gabon, transformer davantage au Gabon, créer davantage de valeur au Gabon et employer davantage de Gabonaises et de Gabonais », a-t-il insisté, résumant ainsi la philosophie du nouveau modèle économique voulu par les autorités.
Au-delà des discours, ces Rencontres de l’industrie apparaissent comme un test grandeur nature de la capacité du Gabon à attirer les capitaux, développer son appareil productif et transformer ses ressources sur place. Une ambition qui, si elle se concrétise, pourrait profondément redessiner le paysage économique national au cours des prochaines années.










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