HCI : 27 000 milliards de FCFA à mobiliser pour transformer l’économie gabonaise
À l’occasion de l’ouverture des travaux de relance du Haut Conseil pour l’Investissement (HCI) ce jeudi 4 juin 2026, le gouvernement et le secteur privé se sont accordés sur une feuille de route chiffrée pour transformer l’appareil productif national. Au cœur des discussions, le Plan national de croissance et de développement 2026-2030 affiche une ambition historique : mobiliser près de 27 000 milliards de francs CFA.
Pour atteindre cet objectif monumental, l’État mise massivement sur les opérateurs économiques. Le secteur privé est ainsi appelé à injecter environ 18 000 milliards de francs CFA, ce qui représente les deux tiers des financements requis.
Une résilience macroéconomique à consolider
Malgré les incertitudes qui pèsent sur l’environnement international, les indicateurs macroéconomiques du Gabon affichent des signaux au vert. Devant le patronat et les membres du gouvernement, le ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, Thierry Minko, s’est voulu rassurant. « L’économie gabonaise fait preuve d’une résilience remarquable. Les perspectives demeurent favorables, avec une croissance du PIB attendue autour de 4 % en 2026, portée notamment par la diversification progressive de notre appareil productif et la reprise de l’investissement. », a-t-il déclaré.
Cette trajectoire positive se heurte toutefois à de lourds défis structurels. Le premier d’entre eux reste le poids d’un secteur informel hypertrophié, qui représente encore 63 % des unités économiques et génère environ 52 % du PIB national selon les données de la Banque mondiale. De plus, les finances des entreprises formelles sont asphyxiées par une dette intérieure de l’État qui culminait à environ 2 773,4 milliards de francs CFA à la fin de l’année 2024, entraînant des délais de paiement supérieurs à 360 jours dans le secteur du BTP.
Le temps des résultats pour le climat des affaires
Face aux doléances de la Fédération des Entreprises du Gabon (FEG), qui dénonce pêle mêle la pression fiscale, le coût de la manutention portuaire à Owendo soit 600 000 FCFA par conteneur ou encore le coût des litiges commerciaux (34,3 % de la valeur de la créance), les autorités promettent des réformes pragmatiques. Le ministre Thierry Minko a formellement acté la fin des tergiversations martelant que « le temps du diagnostic est désormais derrière nous. Voici le temps des résultats qui se mesurent à l’aune de l’amélioration des conditions de vie de nos populations. »
Répartis au sein de huit groupes de travail thématiques jusqu’au 11 juin, l’administration et le secteur privé ont désormais pour mission de traduire ces ambitions en engagements mesurables. Les autorités se sont engagées à restaurer la crédibilité budgétaire de l’État tout en facilitant l’accès des PME locales à la commande publique, ouvrant la voie à une souveraineté économique renouvelée.










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