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Gabon : la dette publique franchit la barre des 8 700 milliards FCFA

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L’endettement du Gabon atteint un niveau sans précédent. À la fin de l’exercice 2025, l’encours global de la dette publique gabonaise s’est établi à 8 780,3 milliards FCFA, enregistrant une hausse spectaculaire de 23 % en un an, d’après les données rapportées par le média économique Sika Finance. Cette progression, qui représente un bond de plus de 1 647 milliards FCFA, découle presque intégralement de la dette intérieure, tandis que les engagements extérieurs connaissent un léger repli.

La trajectoire de l’endettement gabonais révèle un virage financier majeur. Alors que la dette extérieure a diminué de près de 1 % pour s’établir à 4 127 milliards FCFA, la dette intérieure s’est envolée de 57 %, atteignant 4 652 milliards FCFA. Comme le souligne Sika Finance, cette dynamique traduit une réorientation délibérée du Trésor public : les autorités de Libreville ont massivement délaissé les prêts-programmes classiques, dont les tirages ont chuté de 96 %, pour privilégier l’émission de titres sur le marché financier de la CEMAC (+167 %).

Avec environ 3 450 milliards FCFA levés sous forme de titres régionaux, soit 39 % du total de son encours, le Gabon s’impose désormais comme le principal emprunteur de la zone sous-régionale. Si ce recours massif garantit un accès rapide aux liquidités, il suscite des interrogations sur la disponibilité des capitaux pour les autres États et le secteur privé de la région.

Apurement du passif et pression sur les finances publiques

L’autre facteur clé de cette hausse réside dans les travaux de régularisation menés par la Task-Force dédiée au nettoyage des comptes publics. La validation de dettes moratoires non soldées a réintégré 758,6 milliards FCFA dans les registres comptables de la Direction générale de la Dette. Il s’agit davantage d’une reconnaissance d’engagements préexistants que de nouvelles dettes contractées au cours de l’année.

Il n’en reste pas moins que la facture globale pèse lourdement sur le budget national. D’après les analyses relayées par Sika Finance, la loi de finances rectificative pour 2026 porte les charges financières de la dette à 487,6 milliards FCFA, auxquelles s’ajoute un amortissement du capital fixé à 1 309,2 milliards FCFA. Face à ce mur du remboursement, le gouvernement gabonais devra faire preuve d’une discipline budgétaire accrue pour préserver ses marges de manœuvre économiques.

Morel Mondjo Mouega

Titulaire d'une Licence en droit, l'écriture et la lecture sont une passion que je mets au quotidien au profit des rédactions de Gabon Media Time depuis son lancement le 4 juillet 2016 et de GMTme depuis septembre 2019. Rédacteur en chef

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