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Gabon : Thierry Minko défend le projet de Loi de règlement 2025 face aux députés

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C’est un exercice de reddition de comptes particulièrement scruté qui s’est ouvert ce jeudi au Palais Léon Mba. Les députés de la XIVe législature ont lancé l’examen du projet de loi de règlement pour l’exercice 2025, en entendant le ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, Thierry Minko. Venu défendre la gestion des deniers publics aux côtés de la ministre de la Planification et de la Prospective, Louise Pierrette Mvono, le membre du Gouvernement a présenté un bilan comptable aux fortunes diverses, oscillant entre surconsommation budgétaire et exécutions au ralenti.

Des trajectoires budgétaires aux antipodes

En se plongeant dans le détail des chiffres transmis par l’Assemblée nationale, les parlementaires ont rapidement mesuré l’ampleur des disparités selon les portefeuilles. La situation de la Mission 14, dédiée à la gestion des finances publiques, illustre un grand écart spectaculaire : alors que la dotation initiale s’élevait à 77,1 milliards de FCFA, les ordonnancements ont bondi à 816,5 milliards, pour un niveau de règlements effectifs atteignant 796,6 milliards. Thierry Minko a tenu à clarifier cet écart vertigineux de 719,4 milliards en base caisse, expliquant qu’il découle de l’imputation exceptionnelle sur cette mission de l’ensemble de la masse salariale de la fonction publique.

Sur le front de la dette, des subventions pétrolières et de la lutte contre la vie chère — réunies sous la Mission 35 —, l’exécutif affiche en revanche une maîtrise quasi sans faute. Avec 543,3 milliards de FCFA réglés sur une enveloppe de 553,4 milliards, le taux d’exécution grimpe à 98,2 %. Le tableau s’assombrit nettement pour les « Dépenses transversales » (Mission 30) : seuls 110,9 milliards de FCFA ont été ordonnancés sur les 225,2 milliards votés (49,2 %), et à peine 65,3 milliards ont été payés, concrétisant un très faible taux de règlement de 29 %.

La vive mise en garde de la représentation nationale

Face à de telles variations, la réaction des élus ne s’est pas fait attendre. Huguette Tsono, 6ème vice-présidente de l’Assemblée nationale, est montée au créneau pour exiger un renforcement de la transparence budgétaire, pointant du doigt la récurrence des irrégularités d’un exercice à l’autre. Le sentiment d’urgence a été appuyé par la députée Armelle Yembi Yembi, qui a enjoint le Gouvernement à corriger le tir face aux sous-exécutions répétées, rappelant avec insistance que les attentes des citoyens ne sauraient patienter.

L’appel au pragmatisme du président Onanga Ndiaye

Pour clore ces échanges sous tension, le président de l’Assemblée nationale, Michel Régis Onanga M. Ndiaye, a choisi de recentrer les débats sur le terrain de l’action. Réclamant un changement de méthode, il a appelé élus et ministres à s’éloigner des joutes conceptuelles : « Ne restons pas dans la rhétorique. Nous devons construire notre pays au regard du pragmatisme du Chef de l’État. Laissons la théorie des universités ». Les travaux se poursuivent désormais au sein des commissions spécialisées du Palais Léon Mba.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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