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Gabon : stages payants au CHUL, une mesure légale ou une discrimination déguisée ?

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Une note d’information émanant de la Direction générale du Centre Hospitalier Universitaire de Libreville (CHUL) suscite une vive polémique au sein du milieu médical et universitaire gabonais. En imposant des frais financiers aux futurs stagiaires tout en dispensant certains établissements publics, le document soulève de lourdes interrogations sur sa légalité et son équité.

Datée du 10 juillet 2026 et signée par le Directeur Général, le Pr Steeye M. Minto’o Rogombe, la note référencée n° 002333 fixe de nouvelles exigences financières et administratives pour l’admission en stage. Désormais, tout candidat à un « Stage Pratique/Perfectionnement » doit s’acquitter de « Frais de stage de 10 000 FCFA par Mois » ainsi que de « Frais de badge, 5000 pour toute la période », en plus de souscrire une assurance responsabilité civile. Les stages d’immersion ou d’observation subissent également l’imposition de ces frais de badge.

Légalité et rupture d’égalité en question

C’est toutefois la clause d’exemption formulée au bas du document qui cristallise l’indignation juridico-éthique. « Sont concernés par ces mesures, tous les stagiaires à l’exception des étudiants de l’USS, de l’INFASS inscrit en cours initial et le personnel du ministère de la santé admis régulièrement en stage par la fonction publique. », peut-on lire sur le document. 

Cette distinction pose directement la question du respect du principe fondamental d’égalité de traitement. En réservant la gratuité aux apprenants de l’Université des Sciences de la Santé (USS) et de l’INFASS, la direction du CHUL applique un traitement financier différencié aux étudiants issus des instituts privés ou des cursus internationaux. Sur le plan du droit administratif, l’établissement hospitalier public dispose-t-il des compétences réglementaires pour instaurer de telles redevances à la charge de certains usagers sans base légale nationale ?

Un frein financier à la formation médicale

Au-delà de la conformité juridique, l’impact social de cette décision inquiète. Monétiser le parcours clinique, passage obligatoire pour valider un diplôme de santé, revient à ériger une barrière pécuniaire préjudiciable. Pour de nombreux étudiants, imposer des coûts mensuels cumulés risque de privatiser l’accès au savoir pratique et de favoriser le pouvoir d’achat au détriment du mérite académique.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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