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Gabon : Port-Gentil, une capitale économique ou une bourgade ?

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Située sur l’île Mandji dans la province de l’Ogooué-Maritime, la ville de Port-Gentil, a été érigée de facto la capitale économique du Gabon suite au boom pétrolier. Pourtant, pour quiconque arpente ses rues, le contraste entre son statut de « poumon financier » et la réalité urbaine est des plus déplorables. D’aucuns ironisent en parlant d’un Grand Village voire d’une bourgade.

À l’instar de Barcelone en Espagne ou de Lagos au Nigeria, Port-Gentil devrait être la vitrine du dynamisme national. Et ce, d’autant plus que c’est au milieu de la province de l’Ogooué-Maritime que bat le coeur de l’industrie pétrolière. L’activité principale du pays qui est plus qu’essentiel à la production des richesses du pays. Si on s’attendrait logiquement à y trouver des infrastructures de pointe, l’impact de cette manne financière sur le niveau de vie local reste invisible.

Une ville aux airs de « Grand Village »

Malgré son importance stratégique, la cité pétrolière semble stagner au rang de localité de seconde zone. Une situation inexplicable qui fait penser, parfois, au manque d’investissements qui caractérise des villes comme Lambaréné ou Koulamoutou. Lors d’un récent voyage de presse, il était aberrant de constater la ruine des infrastructures avec des nids-de-poule qui ne sont plus l’exception mais la règle.

Opération nettoyage en plein Port-Gentil © D.R.

Symbole d’une gestion de fortune, la mairie en est réduite à tenter de combler les crevasses béantes avec du simple ciment. Une solution dérisoire face à l’usure du temps et la qualité de traitement requise. Que dire de la qualité de vie exécrable selon la majorité des riverains interrogés. Des semaines sans eau potable, des coupures à la chaîne, si les prix des produits de consommation s’envolent, les services de base ne suivent pas.

Par ailleurs, l’insalubrité ne cesse de gagner du terrain à Port-Gentil en dépit d’une reconfiguration gouvernementale qui, sous la houlette de Pascal Houangni Ambouroue, tente de lutter contre. En 2026, alors que le coup de libération annonçait un nouveau Gabon, il est inadmissible qu’en 3 ans de gestion, la ville de Port-Gentil se contente d’être un simple comptoir d’extraction. Pour que la capitale économique mérite son nom, une véritable volonté politique doit transformer ces revenus pétroliers en routes bitumées, en gestion moderne des déchets et en opportunités d’emplois durables.

Lyonnel Mbeng Essone

Rédacteur en chef adjoint, je suis diplômé en droit privé. J'ai longtemps fourbi mes armes dans les cabinets juridiques avant de me lancer dans le web journalisme. Bien que polyvalent, je me suis spécialisé sur les questions sociétés, justice, faits-divers et bien sûr actualités sportives.

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