Gabon : le profil de l’endettement détérioré par les déséquilibres budgétaires

La Banque africaine de développement (BAD) dresse un constat préoccupant sur la situation macroéconomique du Gabon dans son rapport Perspectives économiques en Afrique 2026. Si le pays conserve une inflation modérée et entrevoit une reprise progressive de son activité, les déséquilibres budgétaires continuent de fragiliser ses finances publiques. En 2025, la croissance économique a ralenti à 2,7 %, contre 3,4 % un an plus tôt, sous l’effet du recul de la production pétrolière, minière, forestière et des transports. Cette contre-performance a toutefois été partiellement compensée par le dynamisme de la construction, de l’industrie manufacturière et des services, soutenus par les investissements publics et la consommation intérieure.
Le principal sujet d’inquiétude demeure toutefois la détérioration rapide des finances publiques. Le déficit budgétaire s’est creusé à 5,3 % du PIB en 2025, contre 3,8 % en 2024, sous l’effet d’une politique budgétaire expansionniste et d’une charge croissante de la dette. Le taux d’endettement atteint désormais 78,9 % du PIB, une évolution qui a conduit à une nouvelle dégradation de la note souveraine du Gabon en décembre 2025. Parallèlement, l’exposition du secteur bancaire au risque souverain s’est accentuée avec une forte progression des créances accordées à l’État et une hausse des prêts non performants, renforçant les vulnérabilités du système financier.
Des réformes indispensables pour restaurer la crédibilité
Les perspectives à moyen terme restent néanmoins favorables si les réformes annoncées sont effectivement mises en œuvre. La BAD prévoit une croissance de 3,0 % en 2026 puis de 3,1 % en 2027, portée par les secteurs de la construction, de l’agriculture, de l’industrie agroalimentaire et des services. Toutefois, cette reprise devrait s’accompagner d’un nouveau creusement du déficit budgétaire malgré la progression attendue des recettes non pétrolières. Les risques demeurent élevés en raison des tensions sociales, de la volatilité des cours du pétrole, des incertitudes géopolitiques et des effets du changement climatique.
Selon la BAD, la persistance des déséquilibres budgétaires détériore le profil d’endettement du Gabon et réduit sa capacité à mobiliser des financements sur les marchés internationaux comme régionaux. Les faiblesses de gouvernance, l’importance du secteur informel, la fraude et les flux financiers illicites limitent également les recettes publiques. Pour inverser cette tendance, l’institution recommande d’accélérer les réformes économiques et financières, de renforcer la mobilisation des ressources domestiques grâce à la numérisation, d’améliorer la gouvernance budgétaire et de diversifier les instruments de financement à travers les partenariats public-privé, les obligations vertes et bleues ainsi que les crédits carbone.










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