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Gabon : Oligui Nguema promet de demander des comptes sur les retards et les fautes dans l’action publique

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Dans son discours à la Nation du 16 août 2026, à la veille du 66e anniversaire de l’Indépendance, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a placé l’administration et les responsables de l’exécution des politiques publiques face à une obligation de résultats. Retards à corriger, fautes dont les responsabilités devront être établies, contrôle des délais et exigence de qualité : le chef de l’État promet de faire de la reddition des comptes l’un des principes de conduite de l’action publique. Une exigence dont l’effectivité sera désormais scrutée à l’aune des nombreux chantiers engagés par la Ve République.

« Aujourd’hui, le temps des promesses doit céder la place au temps des preuves ». La formule employée par Brice Clotaire Oligui Nguema résume le changement de séquence que le président de la République souhaite imposer à l’appareil d’État. Après le lancement de nombreux projets depuis 2023, l’exécutif entend désormais mettre l’accent sur leur exécution, leur qualité et leur livraison effective.

Le chef de l’État a d’ailleurs lui-même identifié plusieurs obstacles susceptibles de ralentir cette dynamique. Selon lui, celle-ci « ne doit être ralentie ni par la bureaucratie, ni par l’inertie, ni par les mauvaises habitudes, ni par les intérêts particuliers ». Des mots particulièrement sévères qui renvoient directement aux dysfonctionnements de l’administration et, plus largement, aux responsabilités de ceux qui interviennent dans la mise en œuvre des politiques publiques.

« Contrôler les délais, exiger la qualité et demander des comptes »

Brice Clotaire Oligui Nguema ne s’est pas limité au constat. Il a fixé ce qui pourrait désormais constituer une doctrine de suivi de l’action publique. « L’État doit avancer avec méthode, contrôler les délais, exiger la qualité et demander des comptes », a-t-il déclaré.

Cette exigence prend une importance particulière dans un contexte marqué par la multiplication des chantiers d’infrastructures. Palais des Congrès Omar Bongo Ondimba, Cité administrative Émeraude, Hôtel des Affaires étrangères Maison Jean Ping, infrastructures sanitaires, routes ou bâtiments militaires : le président a lui-même dressé la liste de plusieurs réalisations censées matérialiser la politique de Refondation.

Mais au-delà des ouvrages déjà livrés, la promesse présidentielle concerne nécessairement ceux qui accusent des retards, rencontrent des difficultés d’exécution ou dont la qualité pourrait être contestée. Dès lors, l’exigence de résultat implique de pouvoir identifier précisément les responsabilités lorsqu’un projet financé par la puissance publique n’est pas exécuté conformément aux engagements pris.

Des responsabilités qui devront être « établies »

C’est dans la conclusion de son discours que le chef de l’État s’est montré le plus explicite. « Là où il y aura des retards, nous exigerons des corrections. Là où il y aura des fautes, les responsabilités devront être établies. Là où l’intérêt national sera en jeu, nous ne reculerons pas », a-t-il averti.

Le propos engage directement l’exécutif. Établir les responsabilités suppose en effet d’aller au-delà du constat d’un chantier en retard ou d’une administration défaillante. Cela implique des mécanismes de contrôle, l’identification des responsables, mais également des mesures correctives lorsque les manquements sont avérés.

L’enjeu est d’autant plus important que la reddition des comptes constitue l’une des conditions de crédibilité de l’investissement public. Lorsque les délais ne sont pas respectés, ce sont également les coûts des projets, la disponibilité des infrastructures et, finalement, les services attendus par les populations qui peuvent être affectés.

L’administration désormais confrontée à l’obligation de résultat

Le discours présidentiel installe ainsi une forme de contrat de performance entre le sommet de l’État et ceux qui exécutent les politiques publiques. Ministères, administrations, établissements publics, entreprises attributaires des marchés et responsables de projets devraient logiquement être concernés par cette exigence de délais et de qualité.

Reste désormais à savoir comment cette volonté se traduira concrètement. Les Gabonais pourront notamment attendre que les retards constatés sur les projets publics donnent lieu à des explications, que les corrections annoncées soient rendues visibles et que les responsabilités soient effectivement établies lorsque des fautes sont démontrées.

Car en proclamant que « le temps des promesses doit céder la place au temps des preuves », Brice Clotaire Oligui Nguema fixe également un critère d’évaluation de sa propre administration. La portée de cette promesse ne se mesurera donc pas seulement au nombre de chantiers lancés ou inaugurés, mais à la capacité de l’État à rendre effectivement des comptes sur ceux qui prennent du retard, coûtent davantage que prévu ou ne répondent pas aux exigences de qualité annoncées.

Casimir Mapiya

« Le journaliste est un interprète de la curiosité publique.» Bernard Pivot Bernard Pivot

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