Djoutou : Eramet Comilog mise sur l’apiculture pour créer de l’activité au profit de six villages
À Djoutou, Eramet Comilog expérimente une forme de diversification économique fondée sur les ressources et les savoir-faire locaux. Entrée en production en novembre 2025, une miellerie communautaire de 200 m² est exploitée par une coopérative réunissant six villages. Selon le Rapport RSE 2025 de l’entreprise, l’activité a permis la création de dix emplois directs et la production de plus de 250 kilogrammes de miel biologique, tandis que la cire d’abeille est transformée en bougies artisanales. Un projet qui illustre la volonté du groupe minier de faire évoluer sa RSE vers la création d’activités productives au sein des communautés.
À première vue, peu de choses rapprochent l’exploitation industrielle du manganèse et l’apiculture villageoise. C’est pourtant dans cet écart que réside l’intérêt du projet développé à Djoutou. En accompagnant la création d’une unité destinée à produire et valoriser du miel, Eramet Comilog cherche à favoriser une activité économique qui ne dépend pas directement de la mine. La démarche s’inscrit dans l’orientation donnée à son action en matière de diversification économique : utiliser la RSE non seulement pour financer des équipements, mais aussi pour contribuer à faire émerger des sources autonomes de revenus dans les territoires.
Six villages réunis autour d’une activité
La particularité du projet tient d’abord à sa dimension communautaire. La miellerie est gérée par une coopérative regroupant six villages, avec l’objectif de mutualiser l’organisation de la production et de permettre aux communautés concernées de participer directement à l’activité économique créée. L’unité, d’une superficie de 200 m², est entrée dans sa phase productive en novembre 2025.
Les premiers résultats communiqués font état de dix emplois directs et de plus de 250 kg de miel biologique produits. À l’échelle d’un projet communautaire naissant, ces indicateurs donnent une première matérialité à l’investissement. L’enjeu sera désormais d’augmenter progressivement les volumes tout en préservant la qualité du produit et en structurant suffisamment l’activité pour qu’elle génère des revenus réguliers pour ses bénéficiaires.
Valoriser aussi la cire d’abeille
Le projet ne s’arrête pas à la commercialisation du miel. La cire issue de la production est également récupérée et utilisée pour fabriquer des bougies artisanales. Cette valorisation permet d’exploiter un coproduit qui aurait pu rester inutilisé et d’ajouter une activité supplémentaire à la chaîne de valeur apicole.
Cette logique est importante dans une stratégie de développement local. Plus une matière première est transformée sur place, plus elle peut générer de valeur avant sa commercialisation. Miel conditionné, cire valorisée et produits dérivés constituent ainsi différentes possibilités de revenus autour d’une même ressource. Pour les communautés impliquées, la réussite du projet pourrait progressivement ouvrir la voie à une gamme plus large de produits apicoles.
Une RSE tournée vers la création de revenus
La miellerie de Djoutou s’intègre dans une politique plus vaste portée par Eramet Comilog. Son Rapport RSE 2025 accorde pour la première fois un volet autonome à la diversification économique, avec l’ambition de dépasser une approche essentiellement centrée sur les infrastructures pour favoriser davantage l’entrepreneuriat, l’emploi et l’autonomisation des communautés.
Cette philosophie se retrouve dans plusieurs autres dispositifs, notamment le fonds d’amorçage ayant permis de mobiliser 1,170 milliard de FCFA pour 197 projets locaux, le Projet agro-sylvo-pastoral de Bakoumba ou encore « 1 Taxi, un Emploi, un Avenir ». Malgré leurs différences, ces initiatives poursuivent un objectif commun : mettre à disposition des bénéficiaires des moyens susceptibles de générer durablement une activité économique.
Faire émerger des circuits économiques locaux
À Djoutou, l’étape suivante sera celle de la commercialisation. Produire du miel constitue un premier maillon ; assurer son conditionnement, sa distribution et son accès régulier aux consommateurs déterminera la viabilité économique de l’activité. La capacité à développer des circuits de commercialisation vers les principaux centres de consommation sera donc essentielle.
Une production locale correctement structurée pourrait également contribuer, à son échelle, à substituer des produits gabonais à certaines marchandises importées. Pour cela, la coopérative devra pouvoir garantir régularité des volumes, qualité sanitaire, présentation du produit et accès aux marchés. L’accompagnement technique et commercial devient alors aussi important que l’investissement initial dans l’outil de production.
De la richesse minière à l’économie communautaire
Pour Eramet Comilog, le projet de Djoutou présente enfin une dimension symbolique. Il montre comment les ressources générées autour d’une grande activité extractive peuvent être mobilisées pour soutenir des activités totalement distinctes du secteur minier et davantage ancrées dans les potentialités des territoires.
Avec dix emplois directs et plus de 250 kg de miel biologique produits depuis son entrée en production, la miellerie demeure encore une initiative de taille modeste. Mais son intérêt se situe précisément dans sa capacité à démontrer qu’une RSE productive peut commencer à l’échelle de quelques villages avant, si le modèle trouve ses débouchés et atteint son équilibre économique, de devenir une activité durable. À Djoutou, Eramet Comilog fait ainsi le pari que la diversification peut aussi partir d’une ruche pour construire, progressivement, une nouvelle source de richesse locale.








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