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Gabon : Makokou sans procureur ni juge d’instruction selon le SYNAMAG

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Le Syndicat national des magistrats du Gabon (SYNAMAG) alerte sur la situation du Tribunal de première instance de Makokou après les décisions du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) du 16 septembre 2026. Selon son analyse, la juridiction se retrouverait sans procureur de la République, sans juge d’instruction et sans magistrat affecté à la juridiction pour enfants. Le syndicat met en garde contre les conséquences de ces vacances de postes sur les délais de procédure, les détentions provisoires et, plus largement, la continuité du service public de la justice dans l’Ogooué-Ivindo.

Au-delà des nominations et promotions individuelles contestées par le SYNAMAG, son analyse du dernier CSM soulève une problématique directement perceptible par les justiciables : celle des postes laissés vacants à la suite des mouvements de magistrats. Makokou apparaît, à la lecture du document syndical, comme l’un des cas les plus préoccupants. Plusieurs fonctions essentielles au fonctionnement d’une juridiction pénale n’y seraient désormais plus pourvues.

Un parquet sans procureur selon le syndicat

Premier poste concerné : celui de procureur de la République près le Tribunal de première instance de Makokou. Selon le SYNAMAG, Oudasse Wague, qui occupait jusqu’alors cette fonction, a été promu avocat général à la Cour d’appel judiciaire de Franceville. Problème soulevé par le syndicat : aucun successeur n’aurait été désigné dans les décisions rendues publiques à l’issue du CSM.

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Cette absence de remplacement ne constituerait pas un cas isolé. Le SYNAMAG affirme qu’« aucun cabinet d’instruction n’y est pourvu en magistrat depuis plusieurs années ». Même constat dressé concernant la juridiction pour enfants. À cela s’ajoute le départ de Luce Ngawala Adziawe, présentée comme la seule vice-présidente en poste, qui aurait reçu une nouvelle affectation sans être remplacée.

Instruction et justice des mineurs en question

Pour le syndicat, ces vacances de postes peuvent avoir des conséquences particulièrement lourdes sur le fonctionnement quotidien de la justice. Sans magistrats en nombre suffisant, le risque est notamment celui d’un allongement des délais de traitement et d’une accumulation des dossiers en attente.

Le SYNAMAG met précisément en garde contre « l’accumulation de stocks de dossiers en instruction, avec un risque accru de prescription de l’action publique et de détentions provisoires prolongées au-delà des délais légaux ». Concernant les mineurs, il évoque également un risque de « paralysie, voire l’absence totale de traitement des affaires » lorsqu’aucun magistrat spécialisé n’est disponible.

La continuité du service public en cause

L’alerte formulée à Makokou dépasse ainsi la seule gestion administrative des carrières. Une juridiction privée de certaines fonctions essentielles peut difficilement répondre aux exigences de célérité et d’accès effectif à la justice mises en avant par le CSM lui-même lors de sa session extraordinaire.

Le SYNAMAG souligne d’ailleurs que chaque mutation ou promotion devrait s’accompagner du remplacement du magistrat quittant son poste. À défaut, les agents restant en fonction sont exposés à une surcharge de travail susceptible, selon le syndicat, d’affecter la qualité et la rapidité du traitement des dossiers.

Le SYNAMAG demande des remplacements systématiques

Face à ces situations, le Bureau exécutif recommande que toute mutation, promotion ou nouvelle affectation soit « systématiquement assortie de la désignation d’un remplaçant ». Une exigence présentée comme indispensable pour assurer la continuité de la justice sur l’ensemble du territoire.

Le cas de Makokou pose ainsi une question concrète à l’administration judiciaire : comment garantir l’accès au juge dans l’Ogooué-Ivindo si les fonctions indispensables à l’instruction, au parquet ou à la justice des mineurs demeurent durablement vacantes ? La réponse pourrait désormais passer par des mesures correctives avant la prochaine rentrée judiciaire.

Casimir Mapiya

« Le journaliste est un interprète de la curiosité publique.» Bernard Pivot Bernard Pivot

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