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Tchibanga : condamné à six mois avec sursis, Giovanni Lionel Boulingui reste libre

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Le Tribunal judiciaire de Tchibanga a rendu, ce mardi 29 septembre 2026, son verdict dans l’affaire opposant Giovanni Lionel Boulingui au ministère public et à la société Marion Minerals. Poursuivi pour diffamation après la diffusion d’une vidéo consacrée aux conditions de travail de jeunes employés de l’entreprise d’exploitation de marbre, le prévenu a été condamné à six mois de prison avec sursis. Une peine inférieure aux réquisitions du ministère public, qui avait demandé un an d’emprisonnement, tandis que la partie civile réclamait une peine ferme. En pratique, Giovanni Lionel Boulingui n’ira donc pas en prison au titre de cette condamnation, sous réserve des conditions attachées au sursis et des éventuelles voies de recours.

Très suivie à Tchibanga, l’affaire Giovanni Lionel Boulingui connaît ainsi son premier dénouement judiciaire. Lors de l’audience du 24 septembre dernier, les débats avaient largement dépassé la seule question de la vidéo incriminée pour porter sur les conditions dans lesquelles plusieurs jeunes Gabonais affirmaient avoir travaillé pour Marion Minerals. La défense avait demandé la relaxe de son client, contestant à la fois la régularité de la procédure, la constitution de l’infraction et son caractère intentionnel. Cinq jours plus tard, le tribunal n’a pas suivi cette demande principale de relaxe, mais a écarté l’hypothèse d’un emprisonnement ferme en prononçant une peine de six mois assortie du sursis.

Six mois avec sursis au lieu d’un an requis

Le ministère public avait adopté une position nettement plus sévère à l’audience. Le procureur avait requis un an de prison contre Giovanni Lionel Boulingui. De son côté, Marion Minerals, constituée partie civile, avait également demandé sa condamnation à une peine d’emprisonnement ferme, son conseil estimant notamment que le prévenu devait « servir d’exemple ». Le jugement rendu ce mardi s’écarte donc sensiblement de ces demandes sur la nature et la durée de la peine.

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La juridiction a néanmoins retenu la culpabilité de Giovanni Lionel Boulingui puisqu’elle lui inflige six mois de prison avec sursis. Cette distinction est essentielle : le sursis signifie que la peine d’emprisonnement prononcée n’est pas immédiatement mise à exécution, contrairement à une peine ferme. Le prévenu échappe ainsi à l’incarcération à l’issue de ce procès, alors que cette éventualité avait constitué l’un des principaux enjeux de l’audience du 24 septembre.

Une vidéo sur les conditions de travail à l’origine du procès

L’affaire remonte à juillet 2026. Sur ses réseaux sociaux, Giovanni Lionel Boulingui avait donné la parole à de jeunes Gabonais recrutés par Marion Minerals et interrogé leurs conditions de travail. Dans la vidéo à l’origine des poursuites, il s’était notamment demandé si certaines pratiques dénoncées par les intéressés pouvaient s’apparenter à de « l’esclavage ». Ces propos avaient conduit à son interpellation, à son placement en garde à vue puis à son renvoi devant le Tribunal judiciaire de Tchibanga pour diffamation.

Lors des débats, deux témoins cités par la défense avaient affirmé avoir commencé à travailler pour Marion Minerals en mars 2025 sans contrat écrit. Selon leurs déclarations à l’audience, des contrats d’un mois ne leur auraient été remis qu’à partir d’août 2025. Un responsable QHSE appelé comme témoin par Marion Minerals avait pour sa part confirmé leur présence dans l’entreprise à partir de mars 2025, tout en précisant qu’ils avaient alors le statut de « journaliers ». Ces éléments avaient alimenté une longue discussion entre les parties sur le droit du travail et sur la portée des faits dénoncés dans la vidéo.

La défense n’obtient pas la relaxe

L’avocat de Giovanni Lionel Boulingui avait pourtant construit sa plaidoirie autour de plusieurs moyens. Sur la forme, il contestait notamment la qualité à agir de Marion Minerals, relevant ce qu’il présentait comme des incohérences dans les documents produits pour représenter la société. Sur le fond, il soutenait que son client s’était essentiellement interrogé sur une situation rapportée par les travailleurs et qu’aucune intention de diffamer n’avait été démontrée.

La défense avait également invoqué l’exception de vérité en s’appuyant sur les témoignages entendus à la barre et sur les conditions d’embauche alléguées par les anciens travailleurs. Le tribunal n’est donc pas allé jusqu’à prononcer la relaxe sollicitée. Pour apprécier précisément les motifs ayant conduit les juges à retenir la culpabilité tout en prononçant une peine avec sursis, il faudra toutefois disposer des motivations complètes de la décision, les seuls éléments communiqués sur le verdict ne permettant pas d’en restituer le raisonnement juridique détaillé.

Une affaire qui pourrait ne pas s’arrêter au verdict

À l’issue de l’audience du 24 septembre, Giovanni Lionel Boulingui avait maintenu sa position. Il avait assuré que, placé de nouveau dans les mêmes circonstances, il apporterait encore son soutien à des compatriotes qu’il considérait en difficulté. Une déclaration qui avait conclu plusieurs heures de débats particulièrement tendus entre le parquet, la défense et la partie civile.

Le jugement du 29 septembre ferme donc, à ce stade, la perspective immédiate d’une incarcération de Giovanni Lionel Boulingui, mais pas nécessairement celle d’une poursuite du contentieux. Les parties disposent des voies de recours prévues par la procédure applicable si elles entendent contester la décision. Au-delà du sort judiciaire du prévenu, l’audience aura surtout fait émerger un autre dossier : celui des conditions de travail dénoncées par les jeunes employés entendus devant le tribunal, dont l’éventuel traitement sur le terrain social constitue désormais une question distincte de la condamnation pour diffamation.

Casimir Mapiya

« Le journaliste est un interprète de la curiosité publique.» Bernard Pivot Bernard Pivot

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