Gabon : les enfants et femmes enceintes les plus vulnérables au paludisme
À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme commémorée le 25 avril, les autorités gabonaises dressent un bilan préoccupant selon les données nationales pour l’année 2024 du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLT). Cette maladie continue de frapper principalement les populations les plus vulnérables. Notamment les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans qui sont les plus touchés.
Selon les statistiques du PNLT sur un total de 153 993 cas recensés, l’incidence chez les moins de 5 ans s’élève à 112,23 pour 1000 habitants, contre 61,90 pour 1000 habitants tous âges confondus, tandis que les femmes enceintes enregistrent 38,43 cas pour 1000 habitantes. La mortalité suit la même tendance, avec 35,27 décès pour 100 000 habitants chez les enfants et 2,33 pour 100 000 chez les femmes enceintes, contre 10,69 pour 100 000 pour l’ensemble de la population.Ces chiffres mettent en lumière la nécessité de renforcer les stratégies de prévention et de prise en charge ciblées pour ces groupes.
De plus, les données indiquent également que 65,61 % des cas suspects chez tous âges et 64,06 % chez les moins de 5 ans ont bénéficié d’un test parasitologique. Cependant, seulement 29 % des cas confirmés concernent l’ensemble de la population et 20 % pour les femmes enceintes, montrant que le diagnostic reste partiellement limité. Le taux de positivité est particulièrement élevé, atteignant 45 % tous âges et 46 % chez les enfants de moins de cinq ans, soulignant l’intensité de la transmission de la maladie.
Une lutte encore inachevée malgré les efforts collectifs
En ce qui concerne la morbidité, elle demeure significative. Notamment 19,97 % pour tous âges, 24,65 % chez les enfants et 7,81 % chez les femmes enceintes. L’hospitalisation pour paludisme concerne 33 % des cas pour tous âges et grimpe à 47 % chez les enfants, traduisant la gravité des infections chez les plus jeunes. Le suivi préventif, notamment la 3ème dose de traitement préventif intermittent (TPI) , atteint 65,18 %, un progrès mais encore insuffisant pour réduire de manière significative le fardeau de la maladie.
Face à cette situation, les experts de la santé publique appellent à un engagement renforcé de tous les acteurs, de l’État aux communautés locales, pour intensifier la lutte contre le paludisme. Sensibilisation, usage systématique de moustiquaires imprégnées, diagnostic précoce et traitement adéquat sont autant de mesures cruciales pour protéger les enfants et les femmes enceintes. La Journée mondiale de lutte contre le paludisme rappelle ainsi que seule une mobilisation collective et continue peut permettre de réduire durablement l’impact de cette maladie sur la population gabonaise.









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