USTM : le non-paiement des vacations paralyse le second semestre
L’Université des sciences et techniques de Masuku (USTM), fleuron universitaire de Franceville dans le Haut-Ogooué, traverse une zone de fortes turbulences. Alors que les activités pédagogiques du second semestre devraient tourner à plein régime, les amphithéâtres sonnent creux et le calendrier universitaire vacille. À l’origine de ce blocage, une colère légitime qui couve depuis des mois : le Syndicat national des enseignants et chercheurs (Snec-USTM) dénonce avec vigueur le non-paiement des vacations dues pour l’année académique 2024-2025.
Pour comprendre l’enlisement actuel, il faut remonter à février dernier. Lors de la suspension d’un précédent mouvement de grève, les enseignants avaient posé des conditions strictes. Une résolution claire avait alors été adoptée : pas un seul cours au-delà du volume horaire réglementaire tant que l’État n’aurait pas soldé ses créances.
« Nous avions demandé aux enseignants de se limiter à leur quota horaire réglementaire, tant que les vacations impayées ne seraient pas réglées, et à ce jour, rien n’a changé », déplore Evoung Evoung, président du Snec-USTM, dans les colonnes du quotidien L’union. Faute de réaction de la part des autorités, les enseignants appliquent désormais le principe du strict minimum.
Le piège des heures supplémentaires
C’est précisément ce respect rigoureux des quotas qui grippe la machine administrative et pédagogique. En raison d’un déficit chronique de personnel au sein de l’établissement, la majorité des professeurs titulaires épuise l’intégralité de son volume horaire obligatoire dès le premier semestre. Par conséquent, la survie du second semestre repose presque intégralement sur les heures supplémentaires et le dévouement des vacataires.
En refusant logiquement de travailler gratuitement, le corps enseignant a provoqué l’arrêt immédiat des cours dans de nombreuses filières. Une situation explosive qui fait peser le spectre d’une année blanche ou, à tout le moins, d’un chevauchement chaotique des années académiques.
L’urgence d’un dialogue pour sauver l’année
Face à cette paralysie qui prend de l’ampleur, le Snec-USTM tire la sonnette d’alarme et exhorte les autorités de tutelle à prendre leurs responsabilités. L’objectif est de débloquer les fonds en urgence pour préserver l’avenir des étudiants, premières victimes collatérales de cette crise financière.
Dans les couloirs de Masuku, l’inquiétude grandit. Enseignants et étudiants partagent désormais la même attente anxieuse, suspendus à un geste du gouvernement pour ramener la sérénité au sein du campus.









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