Gabon : les 15 délinquants au volant relaxés par le tribunal, ah bon ?
Le 27 octobre 2025, dans une tribune qui avait ému la toile, le président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema promettait une fermeté sans faille contre les violences entre apprenants. « Les agresseurs doivent être poursuivis et sanctionnés avec toute la rigueur de la loi. ». Seulement, 11 mois après l’affaire des 15 jeunes interpellés à Akanda pour conduite dangereuse, usurpation de gyrophares et absence de documents révèle l’écart entre le discours et la pratique judiciaire.
Interpellés par la Direction générale des recherches, mise en alerte par des plaintes des populations craignant pour leurs vies, ces jeunes gabonais de 18 à 25 ans ont reconnu les faits. Les vidéos diffusées montrent leurs comportements à risque. D’ailleurs, d’aucuns qualifieraient de « Je m’en foutiste » leurs attitudes face à la caméra lors de leur garde à vue. Les gendarmes s’étaient attelés à bien faire leur travail en saisissant les 7 véhicules et les 6 motocyclettes de la terreur. Mais à leur grande surprise, ces biens qui auraient dû faire l’objet d’une enquête plus approfondie auraient été restitués à leurs propriétaires. En l’occurrence les parents de certains de ces délinquants au volant qui auraient pesé de tout leur poids pour dédouaner leurs enfants. Une pression qui aurait payé puisque déférés devant le Parquet le 16 septembre 2026, ils ont finalement été relaxés. Sapristi !

L’État de droit s’accommode mal des inégalités de traitement
Ce dénouement judiciaire contraste avec le traitement réservé, le 22 octobre 2025, aux élèves impliqués dans des affrontements physiques au Lycée Paul Indjendjet Gondjout. Ceux-là avaient été placés sous mandat de dépôt. La privation de liberté immédiate pour des violences scolaires, sans que leurs parents ne semblent avoir pesé sur l’issue de la procédure. D’ailleurs, quels parents auraient pu sans statut élevé ?
Non pas que se battre dans l’enceinte d’un établissement soit bon, ce qui choque c’est la rapidité avec laquelle une procédure aussi grave a été mise dans les tiroirs de la justice gabonaise alors que les gendarmes ont fait toute la diligence pour tirer les oreilles à ces enfants à Papa qui auront du mal à stopper de mettre la vie d’autrui en danger par leurs rallyes au volant et leurs acrobaties sur les motos hors de prix.
Deux dossiers, deux réponses judiciaires.
D’un côté, des mineurs et jeunes majeurs sans réseau familial influent, sanctionnés avec sévérité pour une rixe. De l’autre, des jeunes circulant avec des véhicules prêtés « imprudemment » par des parents visiblement en mesure de mobiliser un accompagnement judiciaire efficace, et qui repartent libres malgré des faits reconnus et objectivement plus graves pour la sécurité d’autrui, usurpation de gyrophares y compris.
Cette asymétrie n’est pas un détail procédural. Au contraire, elle interroge le principe même d’égalité devant la loi, pilier constitutionnel de tout État de droit. Quand la clémence judiciaire semble corrélée à l’origine sociale des prévenus plutôt qu’à la gravité des faits ou à leur intention de nuire, c’est la crédibilité de l’institution judiciaire tout entière qui vacille.La Fontaine l’écrivait déjà : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir. » Trois siècles plus tard, la fable garde une actualité troublante au Gabon.
Chers justiciers, il ne s’agit pas d’une diatribe contre le prestige de votre fonction ou mission mais un appel au réveil patriotique. Ne dit-on pas que « qui aime bien châtie bien ». Dites-vous que tant que l’application de la loi variera selon le carnet d’adresses des familles, les discours présidentiels sur la fermeté resteront lettre morte pour une partie de la population. Il s’agit de celle qui n’a pas de nom à faire valoir devant un tribunal. L’égalité devant la justice ne se décrète pas, non elle se pratique, dossier après dossier.








GMT TV
Erreur 403 : The request cannot be completed because you have exceeded your quota..
Domain code: youtube.quota
Reason code: quotaExceeded
Erreur : aucune vidéo n’a été trouvée.
Assurez-vous qu’il s’agit d’un identifiant de chaine valide et que la chaine a des vidéos disponibles sur youtube.com.