Gabon : l’éradication du trafic de personnes peu appliquée selon l’ambassade des USA
Le Gabon a été reclassé au niveau 2 dans le dernier rapport annuel sur la traite des personnes publié par l’ambassade des États-Unis. Une évolution que note le département d’État dans son Rapport annuel sur la traite des personnes en 2025. Cette progression traduit des efforts jugés significatifs dans la lutte contre ce fléau, même si le pays ne respecte pas encore pleinement les normes minimales requises pour son éradication.
Selon le document, les autorités gabonaises ont renforcé leurs actions en matière d’enquêtes, de poursuites judiciaires et d’identification des victimes. En 2024, 13 affaires de traite ont été investiguées contre seulement trois l’année précédente. Vingt personnes ont également été poursuivies et quatre trafiquants condamnés. Le gouvernement a par ailleurs accru les financements consacrés à la protection des victimes et aux campagnes de sensibilisation.
Des insuffisances encore persistantes
Malgré ces avancées, le rapport souligne plusieurs faiblesses structurelles. « Le gouvernement n’a pas respecté les normes minimales dans plusieurs domaines clés », indique le rapport annuel. Ils relèvent notamment que la législation gabonaise continue de permettre le paiement d’amendes à la place de peines d’emprisonnement pour certaines infractions liées à la traite sexuelle d’adultes. Le manque de personnel qualifié, l’insuffisance des ressources judiciaires et l’absence d’un système national de gestion des données sur la traite freinent également les efforts engagés.
Le rapport américain estime en outre que les mécanismes d’identification et de protection des victimes adultes demeurent insuffisants. Le rapport révèle toutefois une nette progression en matière de protection. Les autorités ont identifié 129 victimes de traite et orienté 60 d’entre elles vers des services spécialisés, contre seulement 16 victimes recensées lors de la précédente période d’évaluation. Pour continuer à redresser la barre, l’ambassade américaine recommande plusieurs méthodes. Il s’agit d’intensifier les efforts dans l’identification des victimes de trafic, modifier le code pénal afin de définir le trafic d’êtres humains.
Mais aussi, améliorer la disponibilité des services de protection, former les acteurs concernés pour l’application des procédures standardisées, ou encore d’intensifier les efforts d’enquête et de poursuite judiciaire des infractions liées au trafic. Ce sont entre autres les recommandations faites qui pourrait permettre au service judiciaire de renforcer sa compétence face à des cas de trafic d’êtres humains.










GMT TV