Gabon : le communiqué du CSM truffé d’incohérences sur les noms et affectations de magistrats
Le communiqué final du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) du 16 septembre 2026, qui acte un important mouvement au sein de l’appareil judiciaire gabonais, comporte plusieurs incohérences rédactionnelles. Entre variations orthographiques concernant certains magistrats, doubles affectations apparentes et contradiction sur la nature même de la session, au moins une demi-douzaine de cas méritent clarification. Des erreurs matérielles possibles qui ne remettent pas, en elles-mêmes, en cause les décisions du CSM, mais compliquent l’identification précise de certaines nominations.
Le Conseil supérieur de la magistrature réuni à Port-Gentil le 16 septembre a procédé à des promotions, inscriptions aux tableaux d’avancement et affectations dans de nombreuses juridictions. Mais à la lecture détaillée du communiqué final, plusieurs discordances apparaissent. La première est visible dès l’intitulé : le document annonce une « session extraordinaire », tandis que son introduction indique que « la session ordinaire du Conseil Supérieur de la Magistrature s’est tenue » le même jour. Au-delà de cette contradiction, plusieurs noms et affectations appellent également une vérification à partir des actes définitifs.
Un même nom décliné sous plusieurs orthographes
Le cas le plus manifeste concerne une magistrate dont le nom apparaît sous au moins trois formes. Dans les promotions au premier grade figure « Bikani Kiki Veraldine ». Plus loin, « Bekany Kiki Véraldy » est mentionnée comme présidente d’une chambre correctionnelle spécialisée de la Cour d’appel judiciaire de Libreville, tandis que « Bekani Kiki Véraldine » apparaît à la présidence d’une formation spécialisée du Tribunal de première instance de Libreville.
Même difficulté avec « Djenno Rock », inscrit parmi les magistrats promus hors hiérarchie, alors que la Cour d’appel judiciaire de Franceville accueille un avocat général présenté sous le nom de « Djeno Roch ». Autre variation : « Mogoulah Mamadou Landry » apparaît au tableau d’avancement hors hiérarchie, mais devient « Mogoula Mamadou Landry » lorsqu’il est nommé président du Tribunal de première instance de Libreville. Dans ces trois cas, le communiqué ne permet pas de déterminer formellement quelle graphie doit être retenue.
Des doubles affectations apparentes
Plus problématiques encore sont certaines affectations qui semblent placer un même magistrat dans deux juridictions. « Mavioga Nzamba Darnelle Linda » apparaît ainsi comme procureure de la République adjointe au parquet spécialisé du Tribunal de première instance de Libreville, puis comme procureure de la République adjointe au Tribunal de première instance de Ntoum. En l’état du communiqué, il est difficile de savoir laquelle des deux fonctions constitue son affectation définitive.
Une situation comparable concerne « Mayobolo Mangoundou Serre Novic », cité au parquet spécialisé de Libreville, puis un « Mayobolo Mangoungou Serre Bruxe Novic » au parquet de Ntoum. Outre l’apparente double affectation, le patronyme passe de « Mangoundou » à « Mangoungou » et la composition des prénoms diffère. Ces similitudes sont suffisamment importantes pour nécessiter une clarification, sans permettre pour autant d’affirmer, à partir du seul communiqué, qu’il s’agit nécessairement de la même personne.
Biekuel ou Bikuel, Aldresse ou Aldress ?
Un sixième exemple illustre l’ampleur des difficultés rédactionnelles. Une magistrate apparaît au tableau d’avancement sous l’identité « Biekuel Milène Aldresse épouse Ondongo ». Elle est ensuite mentionnée au parquet spécialisé de Libreville sous la graphie « Bikuel Milène Aldresse », puis au Tribunal de première instance de Tchibanga comme « Bikuel Milène Aldress ». Ici encore, orthographe du patronyme, prénom et affectation varient au fil du même document.
D’autres discordances apparaissent également à la lecture du communiqué, mais ces six exemples suffisent à montrer la nécessité d’une clarification institutionnelle. Dans un document qui détermine ou annonce la carrière de magistrats et la direction de juridictions importantes, l’exactitude des identités et des affectations ne constitue pas un simple détail typographique.
Les actes définitifs devront lever les ambiguïtés
Ces incohérences doivent néanmoins être distinguées du fond des décisions prises. Une même personne peut apparaître plusieurs fois dans un communiqué lorsqu’une promotion accompagne une nouvelle affectation. De même, certaines différences peuvent résulter de simples erreurs de saisie ou de compilation. Il serait donc prématuré d’en tirer des conclusions sur la régularité des nominations elles-mêmes.
La publication des décrets et actes individuels devrait permettre de connaître les identités, grades et affectations définitivement retenus. En attendant, une version rectifiée du communiqué du 16 septembre permettrait de sécuriser l’information communiquée aux magistrats, administrations, médias et justiciables. Lorsqu’il s’agit de dire qui rendra demain la justice et à quel poste, la précision des noms et des fonctions relève moins du détail rédactionnel que d’une indispensable exigence de clarté institutionnelle.







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