Gabon : La BAD alerte sur la baisse des recettes fiscales
Selon une analyse publiée par le média économique Sika Finance, la Banque africaine de développement (BAD) a tiré la sonnette d’alarme face à la fragilisation des recettes fiscales gabonaises. En cause : l’ampleur des flux financiers illicites, alimentés par la facturation frauduleuse, la manipulation des prix de transfert et la localisation de bénéfices dans des juridictions offshore à la fiscalité avantageuse.
Sur la période 2013-2022, la BAD évalue à 15,2 milliards de dollars les écarts commerciaux enregistrés entre les déclarations fournies par Libreville et les données comptabilisées chez ses partenaires économiques internationaux. Si ces divergences ne constituent pas systématiquement des preuves formelles de fraude, leur volume met en lumière de sérieuses failles dans la captation de la valeur produite sur le sol national.
Des mécanismes qui érodent l’assiette fiscale
Pour une économie reposant largement sur l’exportation d’hydrocarbures et de minerais comme le manganèse, l’impact de ces pratiques s’avère particulièrement lourd. La facturation commerciale frauduleuse permet de sous-évaluer délibérément les ventes à l’exportation ou de surestimer les coûts d’importation, minorant ainsi la rentabilité apparente des entreprises établies au Gabon.
À cette stratégie s’ajoute le levier des prix de transfert. En gonflant artificiellement la facturation des prestations ou des biens échangés au sein d’un même groupe multinational, certaines entités parviennent à transférer leurs profits vers l’étranger. Résultat : la part taxable revenant à l’État gabonais se trouve considérablement réduite.
Un défi de contrôle et d’interconnexion
Face à cette érosion des recettes publiques, la BAD préconise un renforcement ciblé des contrôles fiscaux et douaniers, prioritairement dans les secteurs extractifs. Pour contrer ces fuites financières de manière pérenne, l’institution financière recommande d’intensifier la numérisation des procédures administratives et de bâtir une véritable synergie d’échange d’informations entre les douanes, les régies fiscales et les plateformes de paiement à l’échelle de la zone CEMAC.
Pour Libreville, l’enjeu dépasse la simple rigueur comptable. Mieux appréhender la valeur réelle de ses transactions commerciales constitue un prérequis incontournable pour sécuriser l’assiette fiscale, consolider ses ressources hors pétrole et alléger la pression sur les finances publiques.








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