LFR 2026 : le gouvernement anticipe une baisse de 25% de ses recettes fiscales
La loi de finances rectificative (LFR) 2026 traduit un net ralentissement des recettes fiscales de l’État. Les prévisions révisées ramènent ces recettes à 1 809,6 milliards de FCFA, contre 2 426,7 milliards de FCFA inscrits dans la loi de finances initiale, soit une diminution de 617,1 milliards de FCFA, correspondant à une baisse de 25 %. Cette révision constitue le principal facteur de contraction des ressources budgétaires de l’État. Au total, les recettes budgétaires sont désormais attendues à 3 243,5 milliards de FCFA, en recul de 22 % par rapport aux prévisions initiales.
L’analyse des principaux agrégats fiscaux montre que cette contre-performance est largement imputable à l’effondrement des recettes liées aux hydrocarbures. Les impôts sur les sociétés pétrolières enregistrent la plus forte correction, passant de 226,9 milliards à 49,5 milliards de FCFA, soit une perte de 177,4 milliards. Les impôts sur les sociétés reculent également de 723,8 milliards à 443,1 milliards de FCFA, représentant une baisse de 280,7 milliards. À ces replis s’ajoutent des ajustements sur plusieurs autres catégories d’impôts et taxes, traduisant un contexte économique moins favorable que prévu au moment de l’adoption du budget initial.
Les recettes pétrolières en première ligne
Les dons, legs et fonds de concours progressent légèrement, passant de 15,8 milliards à 36,2 milliards de FCFA, soit une hausse de 20,4 milliards. À l’inverse, les recettes des comptes spéciaux diminuent de 38,3 milliards à 35,3 milliards de FCFA. Les recettes diverses connaissent également un recul marqué, s’établissant à 1 359,3 milliards de FCFA, contre 1 691 milliards prévus initialement, soit une baisse de 20 %.
Cette révision budgétaire illustre la forte sensibilité des finances publiques gabonaises à l’évolution des recettes fiscales, en particulier celles provenant du secteur pétrolier. Avec une réduction de près d’un quart de ses prévisions, le gouvernement reconnaît implicitement un environnement économique plus contraint et ajuste en conséquence son cadrage budgétaire. La LFR 2026 met ainsi en évidence la nécessité de poursuivre les efforts de diversification des sources de recettes et de renforcer les recettes fiscales non pétrolières afin de limiter l’exposition du budget de l’État aux fluctuations des revenus extractifs.









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