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Cameroun : des journalistes libérés après une arrestation pour le vol présumé des lunettes d’un ministre

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Au Cameroun, quatre journalistes de la presse écrite et en ligne ont été libérés ce lundi 21 septembre 2026 après plusieurs jours de garde à vue. Interpellés mi-septembre à Yaoundé, ils étaient soupçonnés d’avoir volé les lunettes du ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey. Cette affaire suscite de vives réactions au sein des organisations de défense de la presse. Selon des informations rapportées par Brut, les quatre professionnels couvraient un événement officiel lorsqu’ils ont été arrêtés par les forces de l’ordre.

Les faits se sont déroulés les 14 et 16 septembre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé. Les journalistes concernés sont Solange Djuikam, directrice de publication d’Univers Infos Net, François Essomba, correspondant de ChinAfrica, Igor Gwet Bibey, directeur de publication d’Inform Plus, et Pierre Mouchili, directeur de publication du journal Le Procès international. Tous se trouvaient sur place pour assurer la couverture de la journée du Groupe de la Banque islamique de développement (BID).

Selon Thierry Eba, président du Syndicat national des professionnels de l’information et de la communication (SPIC), les reporters ont été appréhendés dans le hall de l’édifice sous la suspicion d’avoir dérobé les lunettes du ministre. D’abord conduits au commissariat du 10ᵉ arrondissement de la capitale, ils ont ensuite été transférés au Commissariat central n°1, où ils ont été maintenus en garde à vue pendant plusieurs jours.

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Des accusations contredites et une garde à vue décriée

L’intervention syndicale a révélé des incohérences dans la procédure. Lors de ses démarches, le président du SPIC a affirmé qu’aucune plainte officielle n’avait été enregistrée contre les quatre professionnels. Plus marquant encore, le responsable de la communication du ministère de l’Économie aurait confirmé par téléphone que les lunettes d’Alamine Ousmane Mey avaient été retrouvées dès le lundi 14 septembre, soit le jour même de la première interpellations. Malgré ces éléments, l’information n’a fait l’objet d’aucune confirmation publique par le ministère, et les journalistes sont restés privés de liberté jusqu’à leur remise en cause ce lundi.

Une dénonciation d’abus de pouvoir

Dans un communiqué officiel, le SPIC a fermement dénoncé des conditions de détention jugées « arbitraires » et « abusives ». Pour contester ce traitement, le syndicat a annoncé l’engagement d’un recours gracieux auprès du Délégué général à la Sûreté nationale, ciblant ce qu’il qualifie ouvertement d’abus de pouvoir. Cette libération met un terme temporaire à la rétention des journalistes, mais relance le débat sur la protection des professionnels de l’information dans l’exercice de leurs fonctions au Cameroun.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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