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Gabon : grève et liberté syndicale, Oligui Nguema garantit les droits mais refuse «la paralysie du pays»

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À l’occasion de la troisième édition de la Fête de la Libération, célébrée ce 30 août 2026 à Makokou, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a réaffirmé son attachement au droit de grève et à la liberté syndicale, tout en appelant les partenaires sociaux à préserver la continuité des services essentiels. Dans le même temps, le chef de l’État a demandé à l’administration de revoir sa méthode dans la conduite des réformes : écouter avant de décider, expliquer avant d’appliquer et corriger lorsque la réalité l’exige.

Sur le terrain social, le message présidentiel tente ainsi de tracer une ligne d’équilibre entre autorité de l’État, poursuite des réformes et expression des revendications professionnelles. Brice Clotaire Oligui Nguema reconnaît que certaines transformations engagées peuvent « inquiéter » parce qu’elles bouleversent des habitudes, remettent en cause certains intérêts ou imposent de nouveaux efforts. Une reconnaissance qui place également l’administration devant sa responsabilité dans la prévention des tensions sociales.

« L’administration doit écouter avant de décider »

« J’exige de l’administration qu’elle écoute avant de décider, qu’elle explique avant de mettre en œuvre et qu’elle corrige lorsque la réalité le commande », a déclaré le président de la République. Une méthode qui, si elle est effectivement appliquée, devrait renforcer la concertation en amont des décisions susceptibles d’affecter les travailleurs ou les usagers.

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Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, réformer ne doit donc pas signifier imposer systématiquement des décisions conçues loin des personnes concernées. « Réformer ne signifie pas gouverner loin du peuple, c’est préparer l’avenir avec lui, dans son intérêt », a-t-il insisté. Une déclaration qui engage directement ministères, administrations et responsables publics sur la manière dont les futures réformes devront être préparées et expliquées.

Liberté syndicale oui, paralysie du pays non

Sur les revendications sociales, le chef de l’État s’est voulu tout aussi explicite. « J’entends les inquiétudes des travailleurs et des partenaires sociaux. Le droit de grève et la liberté syndicale seront respectés dans le cadre fixé par la loi », a-t-il assuré, tout en appelant à un dialogue « sincère, permanent et utile ».

Cette reconnaissance s’accompagne cependant d’une responsabilité partagée. Selon le président, l’État doit « écouter et négocier de bonne foi », tandis que les organisations syndicales doivent formuler des propositions responsables et préserver la continuité des services essentiels. Une manière de reconnaître la légitimité de la revendication sociale sans lui accorder un droit illimité à interrompre le fonctionnement des services publics.

Une ligne rouge tracée des deux côtés

« Le dialogue ne peut devenir le prétexte à la paralysie du pays, pas plus que l’autorité ne peut servir de prétexte au refus d’entendre », a résumé Brice Clotaire Oligui Nguema. La formule présente l’intérêt de fixer deux limites simultanément : aux syndicats, celle de la continuité de l’État ; aux pouvoirs publics, celle d’une autorité qui ne saurait justifier l’absence de concertation.

Reste désormais à éprouver cette doctrine dans les prochains conflits sociaux. Car l’équilibre annoncé à Makokou dépendra moins des déclarations de principe que de la capacité de l’administration à anticiper les crises, ouvrir les négociations suffisamment tôt et exécuter les engagements conclus. Pour la Ve République, le défi sera donc de démontrer qu’il est possible de réformer sans gouverner contre les travailleurs, et de revendiquer sans immobiliser durablement le service public.

Casimir Mapiya

« Le journaliste est un interprète de la curiosité publique.» Bernard Pivot Bernard Pivot

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