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Gabon : François Mavilos plonge Libreville dans les zones d’ombre des crimes rituels avec «Adyayéno, si on ne le voit pas»

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Avec « Adyayéno, si on ne le voit pas. Une enquête de la capitaine Sylvie Nguema et de l’ex-commandant Le Morel », François Mavilos inscrit son nouveau thriller au cœur de Libreville. Entre enquête policière, espionnage et ésotérisme, l’auteur construit une fiction autour de découvertes macabres, de sociétés secrètes et de pratiques occultes. Un récit qui utilise certains imaginaires du Gabon contemporain pour explorer, sur le terrain romanesque, les frontières entre justice, vengeance et rédemption.

Libreville constitue bien davantage qu’un simple décor dans cette intrigue. Présentée comme une ville « où la modernité urbaine se mêle aux traditions ancestrales », la capitale gabonaise devient le théâtre d’une enquête où les apparences sont progressivement remises en cause. Le communiqué des Éditions Jets d’Encre présente ainsi un univers volontairement sombre, dans lequel les personnages doivent démêler faits, croyances et dissimulations.

Des morts d’enfants au point de départ de l’enquête

L’intrigue débute par la découverte de plusieurs corps d’enfants mutilés. Dans le récit fictionnel, les autorités privilégient initialement l’hypothèse d’attaques animales. Mais la nature des blessures fait rapidement naître des soupçons et conduit l’enquête vers la piste de crimes rituels.

C’est dans ce contexte que la capitaine Sylvie Nguema est chargée de faire la lumière sur ces morts. Au fil de ses investigations, elle pénètre dans « un univers clandestin où se croisent sociétés secrètes, trafics occultes et initiations dangereuses », selon la présentation de l’éditeur. Ces éléments relèvent naturellement de la construction romanesque de l’auteur et ne sauraient être assimilés à la description de faits réels survenus au Gabon.

Une confrontation avec la secte des Aniotas

L’enquête se complexifie avec l’intervention d’une ancienne prêtresse chargée d’infiltrer une organisation criminelle. Parallèlement apparaît un mystérieux justicier qui traque ceux qui se livrent aux pratiques décrites dans le roman. Plusieurs trajectoires finissent ainsi par converger autour d’une confrontation avec une organisation désignée sous le nom de secte des Aniotas.

François Mavilos combine ainsi les ressorts classiques du polar avec ceux du thriller ésotérique. L’enquête officielle côtoie l’infiltration, tandis que l’action d’un justicier parallèle vient poser une autre interrogation : jusqu’où peut-on prétendre rendre justice sans basculer soi-même dans la vengeance ?

Le Gabon contemporain comme territoire romanesque

À travers ce nouveau récit, François Mavilos choisit surtout d’ancrer une fiction policière dans un environnement gabonais identifiable. Cette localisation permet au roman de mobiliser les contrastes entre modernité, croyances, institutions et traditions pour nourrir son suspense.

« Adyayéno, si on ne le voit pas » entend ainsi proposer une plongée dans une Libreville fictionnelle où l’enquête policière devient également une interrogation sur la justice et la rédemption. En faisant du Gabon le territoire d’un thriller à part entière, François Mavilos inscrit surtout son intrigue dans un espace encore relativement peu exploité par ce genre littéraire francophone.

Casimir Mapiya

« Le journaliste est un interprète de la curiosité publique.» Bernard Pivot Bernard Pivot

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