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Gabon : «des partenariats d’égal à égal et non la dépendance», Oligui Nguema fixe sa doctrine diplomatique

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À l’occasion de son discours à la Nation du 16 août 2026, à la veille du 66e anniversaire de l’Indépendance, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a précisé la doctrine qu’il entend imprimer aux relations extérieures du Gabon. Ouvert à la coopération et aux investissements étrangers, Libreville revendique désormais des rapports « d’égal à égal », fondés sur le respect de la souveraineté nationale et la primauté des intérêts gabonais. Une ligne diplomatique que le chef de l’État oppose explicitement à toute logique de dépendance.

Coopérer avec le monde, mais sans renoncer à la maîtrise de ses choix. C’est l’un des messages politiques forts délivrés par Brice Clotaire Oligui Nguema dans son adresse à la Nation. Alors que le chef de l’État a multiplié ces dernières années les déplacements en Afrique, en Europe, dans les Amériques et en Asie, il entend inscrire cette offensive diplomatique dans une doctrine clairement assumée : l’ouverture ne doit pas conduire à la dépendance.

« Le Gabon respecte ses partenaires. Mais l’intérêt supérieur de la Nation doit prévaloir. Nous voulons la coopération, des partenariats d’égal à égal et non la dépendance », a déclaré le président de la République. Une formule qui pose la souveraineté comme principe directeur de la politique extérieure gabonaise.

L’intérêt national placé au-dessus des partenariats

Cette doctrine repose d’abord sur une hiérarchie clairement énoncée : le partenariat international demeure recherché, mais il doit servir les priorités du Gabon. Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, le dynamisme diplomatique engagé depuis trois ans poursuit ainsi un objectif précis : « ouvrir des perspectives utiles à notre pays, rétablir la confiance et construire des partenariats solides, équilibrés et respectueux de notre souveraineté ».

Le choix des termes n’est pas anodin. En insistant sur des relations « équilibrées », le président pose implicitement la question du rapport de force entre le Gabon et ses partenaires. La coopération souhaitée ne devrait donc plus être appréciée uniquement à l’aune des accords conclus, mais également de leur capacité à préserver les intérêts économiques, politiques et stratégiques du pays.

Cette conception rejoint la définition plus large de l’Indépendance développée dans le même discours. Pour le chef de l’État, la souveraineté doit notamment se traduire par la capacité du Gabon à « décider librement » et à « défendre, partout, les intérêts du peuple gabonais ».

Paris et l’Afrique de l’Ouest comme illustrations

Brice Clotaire Oligui Nguema a notamment invoqué sa récente visite d’État à Paris et sa tournée en Afrique de l’Ouest pour illustrer cette orientation. Deux séquences diplomatiques qu’il refuse de réduire à leur dimension protocolaire. « Nous n’y sommes pas allés pour sacrifier au protocole, ni pour rechercher des applaudissements. Nous y sommes allés pour faire valoir les intérêts du Gabon », a-t-il insisté.

Selon le président, ces déplacements auraient permis d’obtenir « des accords d’investissement stratégiques » destinés à moderniser les infrastructures, des engagements visant à consolider les finances publiques ainsi qu’un appui à la transformation économique. Le discours ne détaille toutefois ni les montants ni le calendrier d’exécution de ces engagements.

C’est précisément leur concrétisation qui permettra, à terme, d’apprécier la portée de la doctrine revendiquée. Un partenariat présenté comme équilibré devra en effet pouvoir être évalué à partir de ses retombées pour l’économie nationale, l’emploi, les infrastructures et les conditions de vie.

Une souveraineté qui ne signifie pas le repli

La ligne présidentielle ne relève toutefois pas d’une doctrine d’isolement. Le chef de l’État continue au contraire d’appeler les investisseurs internationaux à participer au développement de secteurs stratégiques, notamment les infrastructures, l’eau et l’électricité.

La différence recherchée résiderait donc dans les termes de cette ouverture : attirer les capitaux et les compétences extérieures sans abandonner la capacité nationale de décision. Autrement dit, coopérer sans subir. Cette ambition est résumée par la volonté présidentielle de consolider « l’indépendance économique » du Gabon afin qu’elle contribue « de manière significative à l’amélioration des conditions de vie des Gabonaises et des Gabonais ».

De la doctrine à l’épreuve des accords

En plaçant « l’intérêt supérieur de la Nation » au-dessus de toute autre considération, Brice Clotaire Oligui Nguema fixe ainsi un principe politique qui devra désormais être observable dans les accords conclus par l’État. La question sera notamment de savoir comment cette exigence d’égalité se traduira dans le financement des grands projets, les concessions, l’exploitation des ressources naturelles, les partenariats public-privé ou encore les engagements financiers contractés auprès des partenaires internationaux.

Car l’égalité diplomatique proclamée ne se mesure pas uniquement dans les discours ou le protocole. Elle se vérifie également dans la capacité d’un État à négocier ses contrats, protéger ses ressources et préserver durablement ses intérêts. À travers son discours du 16 août, Oligui Nguema dessine donc une diplomatie d’ouverture sous condition de souveraineté : le Gabon veut des partenaires, des capitaux et des investissements, mais entend rester maître de ses choix. Entre le principe affiché des relations « d’égal à égal » et la réalité des rapports économiques internationaux, c’est désormais la teneur des accords conclus qui permettra de juger cette nouvelle doctrine.

Casimir Mapiya

« Le journaliste est un interprète de la curiosité publique.» Bernard Pivot Bernard Pivot

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