Gabon–Banque mondiale : l’exécutif exige un impact social immédiat
Réunis ce jeudi 3 septembre 2026 à l’immeuble du 2 décembre, le Vice-président du Gouvernement, Hermann Immongault, et le nouveau représentant résident de la Banque mondiale, Sylvain Kakou, ont acté une feuille de route claire qui scelle une coopération plus offensive entre les deux parties. Il s’agit à terme d’accélérer le déploiement des grands chantiers publics et maximiser l’impact social de chaque franc CFA engagé.
Cette première séance de travail marque un tournant dans la conduite des opérations conjointes. Alors que la Cinquième République s’appuie sur la dynamique du Plan National de Croissance et de Développement (PNCD 2025-2030), l’exécutif exige une concrétisation rapide sur le terrain. Eau potable, réseau électrique, infrastructures urbaines, services sociaux et transformation numérique : les priorités ciblent des secteurs saturés par une demande citoyenne de plus en plus vive.
Face à ces attentes, Sylvain Kakou a affiché une volonté d’alignement direct sur les urgences nationales. « Notre objectif principal est de coordonner nos équipes avec les ministères sectoriels pour accélérer l’exécution des projets. Les populations sont pressées d’accéder aux services publics, et nous devons créer un environnement d’affaires où la jeunesse et les PME locales trouvent toute leur place. », a-t-il confié au sortir de la séance de travail.
Fin du travail en silos et exigences de rendement
En interne, le gouvernement gabonais assume un virage méthodologique. Évoquant sans détour une phase d’autocritique au sein de l’administration, Hermann Immongault a pointé du doigt les faiblesses passées : cloisonnement des services, chevauchements de compétences et déficit de suivi rigoureux. Pour corriger le tir, la coordination gouvernementale entend imposer un pilotage serré, exigeant la même réactivité de la part de ses partenaires financiers.
Pour le Vice-président, l’allocation des fonds internationaux doit répondre à un impératif de lisibilité immédiate. « Nous sommes livrés à une dictature de l’urgence parce qu’il faut faire vite, mais aussi à une exigence de méthode. Chaque franc CFA dépense doit répondre à une préoccupation sociale visible. Le Gabonais doit constater un impact réel et indiscutable sur son quotidien. », a-t-il indiqué.
Le front du FMI et la préservation des filets sociaux
Au-delà des chantiers d’infrastructure, cette alliance renouvelée revêt une dimension stratégique déterminante. Le Gabon sollicite l’appui institutionnel de la Banque mondiale dans le cadre de ses tractations en cours avec le Fonds Monétaire International (FMI). Sur ce dossier économique sensible, Libreville refuse toute austérité aveugle.
Le gouvernement a tracé une ligne rouge ferme : les réformes budgétaires ne se feront pas au détriment des mécanismes de protection sociale ni des engagements pris envers les ménages les plus vulnérables. En consolidant ce partenariat financier, les autorités gabonaises entendent concilier rigueur de gestion, soutien macroéconomique et maintien d’un rythme d’investissement soutenu.










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