Gabon : la dette menace d’atteindre 94 % d’ici 2027 selon le FMI
Alors que les finances de la région subsaharienne tendent à se stabiliser, Libreville s’engage dans une voie diamétralement opposée. Selon des estimations des services du Fonds monétaire international (FMI) relayées par Les Échos de l’Éco, le niveau d’endettement du pays s’oriente vers un emballement majeur, soulevant de nombreuses interrogations sur la viabilité budgétaire du territoire à moyen terme.
Les chiffres compilés par l’institution financière internationale révèlent un rythme de progression alarmant. De 70,9 % du PIB en 2024, le ratio de la dette publique gabonaise pourrait atteindre 94,3 % à l’horizon 2027. Cette poussée de plus de 23 points en seulement trois exercices isole le Gabon du reste de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), dont le plafond communautaire de 70 % est d’ores et déjà dépassé.
Pendant que la médiane de l’endettement en Afrique subsaharienne recule progressivement grâce aux restructurations de dette et à la reprise économique, Libreville cumule les déficits. Le FMI anticipe ainsi un déficit budgétaire grimpant jusqu’à 11,2 % du PIB. Même si la Banque mondiale avance des projections légèrement plus mesurées, tablant sur 86,1 % du PIB en 2027, le constat sous-jacent demeure identique : les comptes publics subissent une pression structurelle inédite.
Un modèle de dépenses expansionniste face au repli pétrolier
Comment expliquer un tel décrochage ? La détérioration des ratios financiers découle d’une hausse massive des engagements de l’État. D’après les analyses transmises par la Banque mondiale et citées par Les Échos de l’Éco, l’exécutif a fortement accéléré ses dépenses d’investissement, notamment dans la réhabilitation des axes routiers et l’accès à l’eau ou l’électricité soit plus de 155 %. Parallèlement, le soutien socio-économique s’est intensifié via un bond de 48 % des subventions aux carburants et des bourses d’études.
Le problème réside dans l’effet de ciseau : la manne pétrolière, socle historique des recettes de l’État, s’essouffle. Malgré le déploiement d’outils numériques destinés à optimiser le recouvrement fiscal, les rentrées financières ne compensent pas ce creusement.
Des manœuvres de trésorerie sous le regard des marchés
Pour étouffer l’incendie, le gouvernement recourt à la gestion active du portefeuille de dette. Entre rachats anticipés d’obligations et rééchelonnement du passif intérieur, l’État cherche à soulager sa trésorerie immédiate. Toutefois, ces dispositions techniques permettent seulement de gagner du temps sans corriger la trajectoire de fond.
Ce resserrement étouffe progressivement la marge de manœuvre budgétaire du gouvernement, restreignant sa capacité à financer les projets d’avenir. Alors que les discussions autour de la préparation des prochains budgets nationaux ravivent les inquiétudes de la classe politique et des observateurs, les agences de notation et les bailleurs internationaux attendent désormais des réformes de gouvernance rigoureuses et une véritable diversification des ressources publiques pour éviter un point de rupture.










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