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Gabon : affaire Jeff Blampain, le ministre de la Justice ordonne l’ouverture d’une enquête

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Saisi par SOS Prisonniers Gabon (SPG) au sujet de graves allégations formulées par l’activiste Jeff Blampain, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, chargé des Droits humains, Augustin Emane, a demandé au procureur de la République près le Tribunal de première instance de Libreville d’ouvrir une enquête. Selon GabonReview, dans sa livraison de ce jeudi 3 septembre 2026, l’ancien opposant à Ali Bongo affirme notamment avoir été interpellé puis retenu pendant près de dix heures, le 27 avril dernier, alors qu’il était accompagné de son fils âgé de trois ans. Des accusations qui restent à établir et sur lesquelles les investigations judiciaires devront désormais faire la lumière.

L’affaire prend une dimension judiciaire après plusieurs mois. Comme le rapporte GabonReview, SOS Prisonniers Gabon affirme avoir été saisie le 6 juillet 2026 par Jeff Blampain au sujet de faits qu’elle présente comme étant d’une « gravité exceptionnelle ». Arrestation supposément arbitraire, séquestration, traitements cruels, inhumains ou dégradants et menaces figurent parmi les faits dénoncés. En donnant instruction au parquet d’enquêter, le ministre de la Justice ne se prononce pas sur leur véracité : il ouvre la voie à leur vérification par les autorités judiciaires compétentes.

Près de dix heures de rétention alléguée avec son fils

Selon le récit relayé par GabonReview, Jeff Blampain affirme avoir été interpellé le 27 avril 2026, aux environs de 11 heures, dans les locaux de la Direction de TaxiGab+, par des agents présentés comme appartenant à la Direction générale des services spéciaux (DGSS). Il aurait alors été accompagné de son fils de trois ans. L’activiste soutient avoir été retenu jusqu’à 21 heures, soit « près de dix heures », avec l’enfant et sans accès, selon ses déclarations, à de l’eau ni à de la nourriture.

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GabonReview précise également que Jeff Blampain affirme avoir ensuite subi un interrogatoire « sans que les motifs ou la base légale de cette mesure ne lui aient été notifiés ». Ces éléments demeurent, à ce stade, des allégations qui devront être confrontées aux témoignages, documents et versions des différentes parties. SPG réclame précisément une enquête « prompte, impartiale, indépendante et effective », sans préjuger des conclusions auxquelles celle-ci pourrait aboutir.

Des faits susceptibles de qualifications pénales s’ils sont établis

Dans sa saisine, l’organisation de défense des droits humains estime que certains faits pourraient recevoir des qualifications pénales s’ils venaient à être établis. GabonReview rapporte notamment que SPG invoque l’article 12 de la Constitution, selon lequel « nul ne peut être humilié, maltraité, torturé, ni faire l’objet de traitements ou de peines cruels, inhumains ou dégradants ».

L’ONG fait également référence, selon le média, à l’article 395 du Code pénal relatif à l’arrestation ou à la séquestration arbitraire ainsi qu’à plusieurs instruments internationaux de protection des droits humains. La présence alléguée de l’enfant constitue un autre aspect sensible du dossier. SPG estime que son maintien pendant plusieurs heures dans un « environnement coercitif » nécessitait une attention particulière des autorités.

Le parquet chargé de faire la lumière

Jeff Blampain affirme par ailleurs être confronté depuis plusieurs années à des actes de harcèlement, des menaces et des persécutions qu’il associe à ses prises de position politiques. GabonReview indique qu’il mettrait également en cause certains responsables de l’entreprise de transport en commun dans les circonstances ayant précédé son interpellation. Là encore, aucune de ces affirmations ne saurait être considérée comme établie avant les conclusions de l’enquête.

Face à ces accusations, SOS Prisonniers Gabon avait demandé que soient déterminées les circonstances exactes des faits ainsi que d’éventuelles responsabilités pénales, disciplinaires ou administratives. L’organisation sollicitait également, si la situation le justifiait, des mesures de protection en faveur de Jeff Blampain, de son enfant et de sa famille.

Augustin Emane donne instruction d’enquêter

Le tournant intervient avec la réponse du ministre de la Justice. Selon GabonReview, dans un courrier daté du 25 août 2026, Augustin Emane a informé SOS Prisonniers Gabon que des instructions avaient été adressées au procureur de la République « aux fins d’ouverture d’une enquête ». La procédure doit désormais permettre de confronter les accusations aux éléments susceptibles d’être recueillis par les enquêteurs.

SPG salue cette décision tout en rappelant la nécessité de préserver la présomption d’innocence et les droits de toutes les parties. « Notre démarche n’est pas de condamner avant de juger, mais de demander que chaque allégation soit sérieusement examinée et que nul ne soit placé au-dessus de la loi », insiste l’organisation, citée par GabonReview. Désormais, comme elle le résume elle-même, « la vérité doit être établie par l’enquête » : c’est donc sur la diligence des investigations et les éléments matériels qu’elles permettront d’établir que se jouera la suite de l’affaire.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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