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Gabon : 1 700 milliards de FCFA de débets et d’amendes, Nicaise Moulombi appelle à saisir les biens des responsables identifiés

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Alors que le Premier président de la Cour des comptes, Alex Euv Moutsiangou, a fait état de 1 700 milliards de FCFA de débets et d’amendes, Nicaise Moulombi appelle à franchir une nouvelle étape dans le recouvrement des sommes dues à l’État. Dans un entretien accordé à Gabon Media Time ce jeudi 3 septembre 2026, le leader panafricain de la société civile plaide notamment pour des saisies conservatoires sur les biens meubles et immeubles des responsables identifiés, sous réserve du strict respect des procédures judiciaires. Pour lui, l’enjeu est désormais de transformer les sanctions financières prononcées en ressources effectivement récupérées au bénéfice des finances publiques.

Interrogé par Morel Mondjo Mouega, Nicaise Moulombi salue d’abord la fermeté affichée par le Premier président de la Cour des comptes et surtout la mise en lumière d’un montant qu’il juge considérable. Au-delà du chiffre de 1 700 milliards de FCFA, son intervention pose une question centrale : quelle part de ces débets et amendes pourra réellement être recouvrée par l’État et dans quels délais ? Pour l’acteur de la société civile, l’efficacité de la reddition des comptes dépendra précisément de la capacité des institutions à passer du constat à l’exécution.

« Il est temps » de passer aux saisies conservatoires

« Il faut saluer sans réserve la fermeté du Premier président de la Cour des comptes, Alex Euv Moutsiangou, qui a le courage de mettre des chiffres sur une réalité que beaucoup préféreraient voir passer inaperçue », estime Nicaise Moulombi. Il rappelle que les 1 700 milliards de FCFA évoqués représenteraient, selon les propos attribués au Premier président, un montant équivalent « au budget de certains États ».

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Face à cette situation, le leader panafricain de la société civile estime que la restitution des sommes réclamées ne doit pas demeurer une perspective théorique. « Il est temps que la restitution annoncée se traduise concrètement par des saisies conservatoires sur les biens meubles et immeubles des responsables identifiés », affirme-t-il. Une démarche qu’il conditionne toutefois au « strict respect des procédures judiciaires », indispensable pour garantir les droits des personnes concernées et la régularité des mesures prises.

Transformer les créances en ressources pour l’État

Pour Nicaise Moulombi, l’enjeu dépasse la seule dimension punitive. Il considère que l’exécution effective des décisions financières permettrait de « transformer ces créances sur le papier en liquidités réellement mobilisables pour l’État ». Il évoque notamment les besoins dans la protection sociale, les évacuations sanitaires et les dispositifs destinés aux Gabonais économiquement faibles.

Le responsable de la société civile y voit également un instrument de dissuasion. Selon lui, rendre la sanction financière tangible pourrait envoyer un signal aux gestionnaires publics tentés de détourner ou d’utiliser irrégulièrement les deniers de l’État. Il reprend à cet égard une exigence attribuée à Alex Euv Moutsiangou : « l’argent des Gabonais ne serve qu’à l’intérêt des Gabonais ».

Rompre avec l’accoutumance aux scandales financiers

Nicaise Moulombi met enfin en garde contre ce qu’il qualifie de « mithridatisation » de la population face aux scandales financiers, autrement dit une forme d’accoutumance progressive à l’annonce de montants considérables sans conséquences suffisamment perceptibles. Selon lui, la crédibilité de l’action publique dépend désormais des suites concrètes données aux décisions de la juridiction financière.

Le débat se déplace donc du montant spectaculaire des débets et amendes vers leur recouvrement effectif. Entre décisions de la Cour des comptes, voies de recours éventuelles, identification des patrimoines susceptibles d’être concernés et procédures d’exécution, la récupération des sommes réclamées constituera le véritable test. Pour Nicaise Moulombi, c’est à cette condition que la reddition des comptes pourra « redonner un sens concret à la justice rendue au nom du peuple gabonais ».

Lyonnel Mbeng Essone

Rédacteur en chef adjoint, je suis diplômé en droit privé. J'ai longtemps fourbi mes armes dans les cabinets juridiques avant de me lancer dans le web journalisme. Bien que polyvalent, je me suis spécialisé sur les questions sociétés, justice, faits-divers et bien sûr actualités sportives.

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