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Gabon : après les attaques contre Oligui Nguema et ses proches, la famille Ossiba-Djelesso hausse le ton

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La famille Ossiba René-Djelesso est sortie de sa réserve après les propos et accusations récemment diffusés par Landry Mbeng, alias « Lanlaire », visant le président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema, son épouse Zita Oligui Nguema et sa mère Alice Mpiga. Dans une mise au point signée par ses représentants Benjamin Lekamba et Junot Ntori, la famille condamne fermement les attaques personnelles, tout en reconnaissant la légitimité de la critique politique. Elle prévient également qu’elle se réserve le droit d’exercer les recours prévus par la loi si les atteintes à l’honneur, à la réputation ou à la vie privée venaient à se poursuivre.

La polémique provoquée par les récentes sorties de Landry Mbeng continue de susciter des réactions. Après plusieurs prises de position publiques condamnant la violence des propos tenus contre le chef de l’État et certains membres de sa famille, c’est désormais la famille Ossiba René-Djelesso qui intervient pour fixer ce qu’elle considère comme les limites à ne pas franchir dans le débat public.

Alice Mpiga et Zita Oligui Nguema distinguées du débat politique

Dans une déclaration de presse, la famille dit condamner « avec la plus grande fermeté » des propos qu’elle estime susceptibles de porter atteinte « à l’honneur, à la dignité, à la réputation et à la vie privée » des personnes visées. Elle rappelle surtout un principe autour duquel elle construit l’ensemble de son argumentaire : « La liberté d’expression est un droit, mais elle ne saurait constituer un permis d’accuser, d’insulter, de diffamer ou d’humilier. »

La famille insiste particulièrement sur la situation d’Alice Mpiga, mère du président de la République. Elle relève que celle-ci n’exerce aucune fonction publique et considère, par conséquent, qu’elle ne saurait être rendue responsable « par principe ou par assimilation » des actes, décisions ou orientations politiques de son fils.

Même raisonnement concernant la Première dame Zita Oligui Nguema. Pour les auteurs de la mise au point, son statut ne saurait justifier des attaques contre sa personne, son honneur ou sa vie privée. « Critiquer une politique n’autorise pas à humilier une personne ; contester une décision ne permet pas d’attaquer une famille », souligne le document.

La famille établit ainsi une frontière entre les personnes susceptibles d’être directement soumises à la contradiction politique en raison de leurs responsabilités publiques et les proches d’un dirigeant, dont le lien familial ne devrait pas, selon elle, suffire à les transformer en cibles.

Oligui Nguema peut être critiqué, mais sur son action publique

La position adoptée à propos de Brice Clotaire Oligui Nguema est toutefois différente. La famille reconnaît explicitement que son action en qualité de président de la République, chef de l’État et chef du Gouvernement « peut être critiquée, questionnée et soumise au débat public ».

Elle estime néanmoins que cette critique doit rester politique et que les accusations particulièrement graves doivent être étayées par des éléments permettant d’en apprécier la réalité. Une distinction résumée par une formule : « Le débat public ne peut reposer sur la confusion entre opinion et vérité, entre accusation et preuve, entre critique et diffamation. »

À cet égard, la famille Ossiba-Djelesso invite ceux qui portent publiquement des accusations graves à produire les éléments objectifs susceptibles de les établir. « Les faits doivent parler plus fort que les invectives, les preuves plus fort que les accusations et la responsabilité plus fort que la polémique », insiste-t-elle.

La famille se réserve le droit d’engager des recours

Si le ton se veut ferme, les représentants de la famille indiquent ne pas souhaiter engager de polémique personnelle ou médiatique avec Landry Mbeng. Ils affirment également ne pas vouloir répondre à une attaque par une autre attaque.

La mise au point contient néanmoins un avertissement juridique. La famille Ossiba-Djelesso indique se réserver « le droit d’exercer tout recours et de mettre en œuvre toute action prévue par les lois et règlements en vigueur » contre les propos, publications ou contenus susceptibles de porter atteinte à l’honneur, à la réputation, à la dignité ou à la vie privée des personnes concernées. Elle précise que les publications diffusées pourront être documentées et, le cas échéant, soumises à des conseils compétents.

Cette réserve marque une nouvelle étape dans une controverse jusqu’ici essentiellement alimentée sur le terrain médiatique et les réseaux sociaux. Elle laisse désormais ouverte l’hypothèse d’un prolongement judiciaire si les faits dénoncés venaient à se reproduire.

« Les divergences politiques sont légitimes »

Au-delà du cas particulier ayant provoqué cette réaction, la famille Ossiba-Djelesso tente enfin de replacer son intervention sur le terrain des principes. Elle affirme son attachement à la liberté d’expression et à la contradiction politique, tout en considérant que celles-ci ne sauraient justifier la destruction de la réputation ou de la dignité d’autrui. « Les divergences politiques sont légitimes ; la destruction de l’honneur et de la dignité des personnes ne l’est pas », conclut-elle en substance, appelant à davantage de mesure et de responsabilité dans le débat national.

Une position qui rejoint finalement une interrogation devenue centrale à la faveur de cette polémique : jusqu’où peut aller la virulence de la critique politique sans basculer dans l’attaque personnelle ? Pour la famille Ossiba-Djelesso, la ligne de démarcation est claire : le chef de l’État et son action peuvent être contestés, mais la contradiction démocratique ne saurait servir de justification aux attaques contre l’honneur, la dignité ou la vie privée des personnes et de leurs proches.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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