Gabon : 24 milliards requis pour la finalisation des travaux sur l’axe Ndendé-Tchibanga

Le désenclavement des provinces gabonaises revient au cœur des priorités présidentielles. Le 3 juin dernier, le Chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, a accordé une audience stratégique aux dirigeants de l’entreprise chinoise Covec. Menée par Zhu Junbo, la délégation est venue acter les discussions autour d’un serpent de mer des infrastructures nationales : le tronçon routier Ndendé-Tchibanga. Long de 91 kilomètres, cet axe crucial bute depuis des années sur un obstacle de taille, puisqu’une vingtaine de kilomètres attendent toujours d’être bitumés.
Pour comprendre l’urgence de la situation, il faut remonter en 2013. Lancés sous le magistère d’Ali Bongo Ondimba, les travaux de modernisation de cette route avaient été brutalement interrompus, victimes directes d’un tarissement des ressources financières. Selon les révélations de notre confrère L’Union, l’achèvement de la section Pegnoudou-Tchibanga, qui s’étend sur environ 25 kilomètres, nécessite aujourd’hui une enveloppe estimée à 24 milliards de francs CFA.
Face à cette impasse, le partenaire chinois se montre pragmatique et formel. La société Covec, ayant préfinancé l’intégralité des réalisations livrées jusqu’à présent, conditionne logiquement son retour sur le terrain à un effort budgétaire de Libreville. Il incombe désormais à la partie gabonaise de mobiliser le reliquat financier pour débloquer définitivement le chantier.
Le désenclavement de la Nyanga, un impératif économique
Loin d’être un simple aménagement de confort, la finalisation de cet axe routier représente un enjeu capital pour l’avenir industriel du pays. La province de la Nyanga s’apprête en effet à devenir un pôle d’attraction majeur grâce au démarrage imminent de plusieurs projets structurants. Entre l’exploitation du marbre de Doussiegoussou, la potasse de la Banio et le gisement de fer de Milingui, le potentiel de la région s’annonce gigantesque.
C’est précisément cette vision d’un développement harmonieux du territoire qui a poussé le Président de la Transition à prendre à bras-le-corps le dossier Covec. Dans un contexte national axé sur la diversification économique, les autorités gabonaises ont tout intérêt à activer les leviers financiers nécessaires. Rétablir la fluidité des échanges entre la Nyanga et le reste des provinces n’est plus une option, c’est la clé de voûte de la croissance de demain.









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