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Cameroun : une usine clandestine de fausse monnaie démantelée à Douala

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Le 9 juin 2026, la Gendarmerie nationale camerounaise a démantelé un atelier clandestin de contrefaçon monétaire à Douala. L’opération, déclenchée grâce à un renseignement anonyme particulièrement fiable, a mis au jour une infrastructure hautement organisée, dissimulée derrière la façade d’un magasin ordinaire. Attribuée à des ressortissants chinois, cette usine abritait des machines sophistiquées et un laboratoire complet qui ne laissent aucun doute sur l’ampleur de l’activité.

Contrairement aux réseaux habituels qui privilégient les coupures de banque, cette organisation s’était spécialisée dans une fraude beaucoup plus insidieuse. Plus de 80 % de leur production concernait des pièces de 100 et 500 francs CFA. Moins surveillée, cette monnaie métallique contrefaite s’est infiltrée massivement dans les circuits informels et les petits commerces, touchant de plein fouet l’économie quotidienne à Douala et dans l’arrière-pays. Les 20 % restants de l’activité étaient quant à eux dédiés aux faux billets.

Face à ce fléau invisible qui menace directement le pouvoir d’achat des ménages, le préfet du Wouri, Sylyac Marie Mvogo, s’est empressé de se rendre sur les lieux de la perquisition. L’autorité administrative a immédiatement sonné l’alarme, invitant les usagers et les commerçants à faire preuve d’une vigilance absolue lors de leurs transactions courantes.

Une criminalité en pleine mutation

Cette saisie spectaculaire n’est malheureusement pas un cas isolé, mais s’inscrit dans une recrudescence inquiétante de la criminalité financière au Cameroun. Quelques semaines plus tôt, le 21 mai 2026, une autre intervention d’envergure à Yaoundé avait déjà permis de confisquer près de 100 millions de francs CFA en faux billets, comprenant également des dollars américains et des francs suisses. Plus préoccupant encore, les faussaires réussissent désormais à imiter la nouvelle gamme « type 2020 » de la BEAC, prouvant leur incroyable capacité à contourner les dispositifs de sécurité modernes.

Au-delà de l’aspect purement sécuritaire, cette affaire relance le débat houleux sur le contrôle des activités économiques menées par certains acteurs étrangers. Ce scandale fait écho aux récentes controverses sur les flux financiers opaques, à l’instar du trafic d’or massif vers le Moyen-Orient. Pour l’État camerounais, l’urgence est désormais de remonter l’ensemble des filières de distribution pour étouffer ce réseau avant qu’il ne fragilise durablement la monnaie nationale.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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