Fête de la libération : Onanga Y’obegue déplore la désillusion d’une rupture inachevée
Alors que la phase de Transition s’est achevée avec l’élection présidentielle d’avril 2025 et l’investiture de Brice Clotaire Oligui Nguema, le temps des promesses laisse place aux interrogations sur la direction empruntée par le pays. Dans une déclaration politique sans concession rendue publique ce 30 août 2026, Ali Akbar Onanga Y’obegue, cadre du Parti Démocratique Gabonais (PDG) et ancien ministre, a dressé un constat critique sur la méthode de gouvernance actuelle et interpelle le pouvoir sur ses choix économiques et sociaux.
Analysant le passage du régime militaire à l’ordre constitutionnel civil, l’ancien membre du gouvernement pointe ce qu’il qualifie de paradoxe historique. « Cette Transition est aujourd’hui terminée. Son premier paradoxe restera historique : l’homme qui prit le pouvoir à la tête des militaires devint le candidat à l’élection censée y mettre fin, avant d’abandonner l’uniforme pour devenir le civil auquel le pouvoir fut remis », écrit-il.
Selon lui, si le bilan d’un septennat qui a débuté peine à s’établir sur la durée, la ligne de conduite interroge déjà. « Un navire peut être encore loin de sa destination et déjà naviguer dans la mauvaise direction. C’est précisément là que commence mon inquiétude. », a-t-il souligné.
Des méthodes contestées et des richesses mal exploitées
Assumant la responsabilité des échecs du régime déchu tout en réclamant une vraie rupture, le Secrétaire général du PDG estime que le Gabon ne souffre pas d’un manque de ressources financières ou naturelles, mais d’un problème de méthode et de gestion. « On ne renverse pas un régime au nom de ses fautes pour rendre ces mêmes fautes excusables quand on les reproduit soi-même », rappelle-t-il, dénonçant une forte concentration du pouvoir et un endettement croissant. Pour lui, la rupture attendue ne devait pas consister « à remplacer les bénéficiaires d’un système, mais à changer le système lui-même. »
Urgences sociales et opacité sur les affaires nationales
L’ancien ministre met également en lumière l’attente grandissante des Gabonais face au chômage des jeunes, aux tensions budgétaires sur l’éducation et aux libertés publiques. « Dans un pays disposant des ressources du Gabon, l’éducation ne peut devenir une variable d’ajustement budgétaire », affirme Ali Akbar Onanga Y’obegue.
Il s’insurge par ailleurs du manque de transparence concernant le dossier insulaire de Mbanié après l’arrêt de la Cour internationale de Justice : « La souveraineté nationale ne consiste pas à protéger le peuple de la vérité : elle commence par elle. », indique-t-il. Refusant la fatalité, l’enseignant en droit conclut que « l’essor vers la félicité » demeure possible à condition d’abandonner les dérives dénoncées en 2023 et de placer la transparence et les institutions au-dessus des hommes.









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