Gabon : après sa garde à vue, Giovani Boulingui appelle les citoyens à mettre l’action publique «sous pression»
Libéré ce jeudi 27 août 2026 après son placement en garde à vue, Lionel Giovani Boulingui, porte-parole d’Ensemble pour le Gabon (EPG), entend reprendre dès ce vendredi son activité de contrôle citoyen dans la Nyanga. Dans une déclaration publiée quelques heures après sa remise en liberté, l’acteur politique appelle les Gabonais à utiliser notamment leurs smartphones et les réseaux sociaux pour documenter les chantiers, relever les insuffisances des services publics et demander des comptes sur les investissements annoncés par l’État mais qui tardent à se matérialiser. Une démarche qu’il résume par une formule : « Le pressing doit devenir notre quotidien ».
Sa garde à vue n’aura manifestement pas modifié sa ligne. Quelques heures seulement après avoir retrouvé la liberté, Lionel Giovanni Boulingui annonce vouloir retourner sur le terrain. Mais son message dépasse désormais le seul cadre de la Nyanga.
Il invite les citoyens des neuf provinces à transformer leur attachement à leurs territoires en exercice permanent de vigilance sur l’action publique. « Si, par amour pour nos provinces respectives, chacun prenait désormais son smartphone pour mettre en lumière, sans filtre et avec son propre style, les manquements, les incohérences et les investissements annoncés mais encore illusoires de l’État ? », interroge-t-il.
Du smartphone au contrôle citoyen
Pour Lionel Giovani Boulingui, l’outil numérique peut ainsi devenir un instrument de redevabilité. Photographier un chantier à l’arrêt, documenter l’état d’une infrastructure, confronter une annonce publique à son niveau réel d’exécution ou interpeller les administrations constituerait une manière, pour les citoyens, de participer au suivi de l’action gouvernementale.
Le responsable politique prend pour exemple la Nyanga, où plusieurs interpellations publiques ont récemment placé l’exécution des projets au centre du débat. « Pour l’instant, la Nyanga est en mouvement. Et nous devons tous comprendre que nous pouvons faire bouger les lignes », affirme-t-il, avant d’annoncer : « Je suis libre depuis 16 h et, dès demain, je reprends le pressing dans la Nyanga ».
« Le temps des annonces est terminé »
Derrière le vocabulaire volontairement offensif du « pressing », Giovani Boulingui défend surtout une conception participative de la gouvernance. « Nous allons désormais tous participer à la gouvernance, chacun dans son couloir, chacun avec ses moyens », soutient-il. Une implication qui, selon lui, doit se traduire par une surveillance accrue des prestataires, des administrations et des responsables chargés d’exécuter les politiques publiques.
Son interpellation vise d’ailleurs directement ces derniers : « À vous, prestataires et responsables des services de l’État : nous vous demandons des résultats. Les édifices et les projets promis au peuple doivent être réalisés ». Une exigence qui rejoint le débat récurrent sur l’écart entre annonces budgétaires, lancement des projets et livraison effective des infrastructures.
Une pression citoyenne à inscrire dans la durée
Reste que cette forme de contrôle citoyen suppose également de distinguer dénonciation documentée, critique politique et accusations non étayées. Pour être crédible, le « pressing » revendiqué devra donc s’appuyer sur des faits vérifiables : montants annoncés, entreprises attributaires lorsqu’elles sont connues, délais contractuels, niveau d’avancement des travaux et engagements effectivement pris par les pouvoirs publics.
Lionel Giovani Boulingui fixe néanmoins sa ligne : « Le temps des annonces est terminé. Place au suivi, à la pression et aux résultats ». Après l’épisode de sa garde à vue, son retour annoncé sur le terrain de la Nyanga donnera rapidement la mesure de cette stratégie. Car au-delà de l’interpellation politique, le véritable enjeu sera désormais de transformer la vigilance citoyenne en un mécanisme durable de redevabilité de l’action publique.









GMT TV
Erreur 403 : The request cannot be completed because you have exceeded your quota..
Domain code: youtube.quota
Reason code: quotaExceeded
Erreur : aucune vidéo n’a été trouvée.
Assurez-vous qu’il s’agit d’un identifiant de chaine valide et que la chaine a des vidéos disponibles sur youtube.com.