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CEMAC : Libreville capte 30 % des titres publics régionaux 

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Selon le dernier bulletin de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), la dette souveraine des six pays membres a atteint un sommet inédit à la fin du mois de juillet 2026. En s’établissant à 10 560,8 milliards de FCFA, l’encours global affiche une hausse mensuelle de 3,34 %, une accélération remarquable tirée en grande partie par les émissions dynamiques du Gabon et de la République centrafricaine.

Dans ce paysage financier en constante expansion, le Gabon continue de jouer les premiers rôles. Figure de proue des émetteurs régionaux aux côtés du Congo et du Cameroun, le trio concentre à lui seul près de 80 % des titres publics en circulation. À lui seul, le Gabon en absorbe environ 30,5 %, soit un encours vertigineux de 3 221 milliards de FCFA.

Cette prédominance n’a rien d’un hasard. Elle traduit la stratégie offensive de Libreville, qui sollicite massivement les banques et investisseurs de la sous-région pour financer ses grands travaux d’infrastructures, apurer ses arriérés de paiement et soutenir son ambitieux programme de développement national.

La quête d’un équilibre entre abondance et coût du capital

Toutefois, l’appétit de Libreville ne se limite plus au marché local. En juillet 2026, le Gabon a fait un retour remarqué sur la scène financière internationale en levant 920 millions de dollars soit environ 525,4 milliards de FCFA via un Eurobond à sept ans. Si cette opération permet de diversifier utilement ses sources de liquidités, elle s’assortit d’un coupon exigeant de 9,375 %, illustrant la prime de risque imposée au pays.

Cette pression s’observe également sur le plan interne : fin 2025, le Gabon affichait un taux effectif global moyen des crédits bancaires de 21,06 %, le niveau le plus élevé de toute la CEMAC.

Le véritable impératif : transformer la dette en richesse

Le véritable défi pour les décideurs gabonais réside moins dans le volume brut accumulé que dans la capacité du pays à transformer cet endettement en croissance réelle. L’enjeu est désormais d’engendrer des recettes publiques suffisantes pour honorer le service de la dette sans étouffer les marges de manœuvre budgétaires de l’État.

Pour éviter l’asphyxie, la priorité absolue doit s’orienter vers des financements ciblés, prioritairement vers les infrastructures productives et les secteurs à forte création de valeur et d’emplois. Au sein d’une zone CEMAC où la courbe de l’endettement ne cesse de grimper, Libreville ne doit plus seulement chercher à mobiliser des capitaux, mais prouver méticuleusement que chaque franc emprunté produit davantage de richesse qu’il n’en coûte à rembourser.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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