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Eramet Comilog : près d’un milliard de FCFA pour bâtir un écosystème agro-industriel à Bakoumba

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Eramet Comilog mise également sur l’agriculture pour accompagner la diversification économique des territoires historiquement liés à l’activité minière. À Bakoumba, le Projet agro-sylvo-pastoral (PAB), doté de 967,5 millions de FCFA, associe pisciculture, champignonnière, production d’huile de ricin et fabrication d’aliments pour bétail. Au-delà du financement d’activités agricoles isolées, l’ambition est de structurer une chaîne de valeur locale capable de relier producteurs, transformation et débouchés, dans la continuité de la feuille de route « Act for Positive Mining ».

Comment préparer les territoires miniers à produire de la richesse au-delà de l’exploitation du sous-sol ? À Bakoumba, Eramet Comilog apporte une réponse en orientant une partie de son action sociétale vers le développement d’activités agricoles et de transformation. Le Projet agro-sylvo-pastoral repose sur une approche intégrée : développer plusieurs productions complémentaires tout en créant les conditions de leur transformation locale. Une stratégie qui traduit l’évolution progressive de la RSE de l’entreprise, désormais davantage tournée vers l’autonomisation économique et la diversification des sources de revenus.

967,5 millions de FCFA consacrés au projet

L’investissement annoncé atteint 967,5 millions de FCFA. Le dispositif associe plusieurs activités : pisciculture, production de champignons, développement d’une filière autour de l’huile de ricin et mise en place d’une usine de fabrication d’aliments pour bétail. Cette dernière doit notamment s’approvisionner auprès d’agriculteurs locaux, créant ainsi un débouché potentiel pour leur production.

Cette articulation constitue l’une des principales particularités du PAB. Plutôt que de juxtaposer des microprojets sans liens économiques entre eux, Eramet Comilog cherche à construire un écosystème dans lequel plusieurs activités peuvent interagir. Le producteur local n’est alors plus uniquement bénéficiaire d’un accompagnement : il peut devenir fournisseur d’une unité de transformation intégrée à son propre territoire.

Créer de la valeur là où elle est produite

L’enjeu est déterminant pour les économies rurales. Produire une matière première sans disposer de capacités locales de transformation limite souvent la valeur captée par les producteurs. L’installation d’outils permettant de transformer ou valoriser les productions peut, au contraire, prolonger la chaîne économique et favoriser l’apparition de nouveaux métiers autour du conditionnement, de la logistique, de la commercialisation ou de la maintenance.

À travers le PAB, Eramet Comilog cherche ainsi à intervenir sur plusieurs maillons. La pisciculture peut contribuer à développer une offre alimentaire locale, tandis que la champignonnière et le ricin ouvrent d’autres perspectives de production et de transformation. L’usine d’aliments pour bétail pourrait, pour sa part, constituer un débouché structurant si elle parvient à s’appuyer durablement sur les productions agricoles locales.

Préparer les territoires à l’après-mine

Cette orientation prend une dimension particulière à Bakoumba, territoire historiquement marqué par l’activité minière. Pour une entreprise extractive, contribuer à la diversification revient aussi à préparer les communautés à une économie moins dépendante d’une seule activité et des emplois directement ou indirectement générés par celle-ci.

C’est en cela que le projet dépasse le registre traditionnel des réalisations communautaires. Une infrastructure sociale répond à un besoin immédiat ; une activité productive viable peut générer des revenus pendant plusieurs années, créer des emplois et permettre à d’autres entreprises de se développer autour d’elle. Eramet Comilog fait ainsi le pari que la RSE peut devenir un outil de transformation économique des territoires.

Une stratégie de diversification plus large

Le projet de Bakoumba ne constitue d’ailleurs pas une initiative isolée. Il s’inscrit dans un dispositif comprenant notamment le fonds d’amorçage destiné aux entrepreneurs, la miellerie communautaire de Djoutou ou encore le programme « 1 Taxi, un Emploi, un Avenir ». Depuis le lancement du fonds d’amorçage, 1,170 milliard de FCFA ont été engagés pour financer 197 projets locaux dans plusieurs secteurs d’activité.

Cette multiplication des dispositifs traduit une évolution de l’approche d’Eramet Comilog : agir simultanément sur le financement, les compétences, l’outil productif et les débouchés. Pour les territoires concernés, l’enjeu consiste à transformer ces interventions en entreprises et filières capables progressivement de fonctionner sans dépendre continuellement du soutien financier initial de la compagnie.

Faire de Bakoumba un modèle reproductible

Le véritable indicateur de réussite du PAB sera donc économique. Il faudra mesurer les volumes produits, les revenus générés pour les agriculteurs, les emplois créés, la capacité d’approvisionnement de l’usine et surtout la viabilité des différentes activités une fois passée la phase d’investissement.

Si ces conditions sont réunies, les 967,5 millions de FCFA engagés pourraient avoir une portée dépassant largement le seul projet de Bakoumba. L’expérience fournirait un modèle de diversification territoriale susceptible d’être adapté à d’autres bassins économiques. Pour Eramet Comilog, l’enjeu serait alors particulièrement significatif : démontrer qu’une entreprise dont la richesse première vient du sous-sol peut également contribuer à faire émerger, à la surface, des filières productives capables de créer durablement leur propre valeur.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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