A La UneDerniers articlesECONOMIE

GOC–Assala : à 57 000 barils par jour, le pari pétrolier d’Oligui Nguema commence à livrer ses premiers résultats

Ecouter l'article

Deux ans après le rachat d’Assala Energy par la Gabon Oil Company (GOC), l’un des paris économiques les plus importants engagés par l’État gabonais commence à présenter des résultats industriels tangibles. Avec une production annoncée autour de 57 000 barils de pétrole par jour, contre environ 45 000 au moment de l’acquisition, Assala confirme sa montée en puissance. Mais derrière cette progression se pose désormais une question centrale : cette performance opérationnelle se traduira-t-elle durablement par davantage de revenus pour l’État gabonais ?

Lorsqu’il avait décidé d’exercer son droit de préemption pour reprendre Assala Energy, finalement acquise le 21 juin 2024, le Gabon avait fait le choix d’une stratégie offensive : reprendre directement le contrôle d’actifs pétroliers majeurs plutôt que de les laisser changer de mains entre opérateurs étrangers. Le financement de l’opération, auquel le négociant Gunvor a participé, avait néanmoins suscité des interrogations sur son coût et sa soutenabilité. Deux ans plus tard, les performances industrielles offrent un premier élément d’appréciation : la production d’Assala se situe désormais autour de 57 000 barils par jour.

De 45 000 à 57 000 barils par jour

Dans un article publié le 23 septembre 2026, Direct Infos Gabon estime ainsi que le rachat « semble aujourd’hui produire des résultats supérieurs aux anticipations initiales ». Le média souligne surtout que « la progression de la production constitue l’un des premiers indicateurs favorables de cette acquisition ». Une appréciation confortée par les chiffres disponibles : Assala produisait autour de 45 000 barils par jour au moment de son rachat, contre 57 000 aujourd’hui, soit une progression de l’ordre de 26,6 %.

middle ban bien plus que du sport

La performance est d’autant plus significative que les actifs pétroliers matures nécessitent des investissements permanents pour compenser leur déclin naturel. Dès décembre 2025, Assala avait d’ailleurs annoncé avoir atteint 57 068 barils par jour. Son directeur général, Edgar Mba Ognane, avait ensuite indiqué que ce pic permettait à l’entreprise d’aborder 2026 avec pour priorités la consolidation de la production, l’exploration et la mise en production de nouveaux champs.

Le véritable enjeu reste la valeur captée par le Gabon

Mais produire davantage ne suffit pas à qualifier définitivement l’opération de réussite économique. Direct Infos Gabon le reconnaît implicitement en relevant que « l’enjeu est surtout financier et stratégique ». C’est bien là que se situe désormais le débat. L’intérêt du rachat d’Assala ne peut être apprécié uniquement au nombre de barils sortant quotidiennement des champs pétroliers. Il faudra également regarder le coût de la dette contractée pour l’acquisition, les investissements nécessaires au maintien de la production, les charges opérationnelles et, surtout, les dividendes et recettes effectivement captés par l’État.

Cette exigence est d’autant plus importante que le pétrole demeure déterminant pour les finances publiques gabonaises. L’acquisition d’Assala répondait précisément à une logique de souveraineté économique : ne plus seulement percevoir impôts, redevances et participations sur une ressource exploitée par d’autres, mais devenir directement propriétaire d’actifs productifs. Sur le papier, le changement est considérable. Dans les comptes publics, il devra cependant être démontré par la capacité de ces actifs à générer durablement des flux financiers nets au bénéfice du pays.

Après Assala, la tentation de poursuivre les acquisitions

Le premier succès industriel d’Assala pourrait justement conforter l’État dans sa stratégie d’expansion. Direct Infos Gabon indique que « le gouvernement Oligui Nguema envisage désormais de nouvelles acquisitions ». La dynamique est déjà engagée : la GOC a notamment renforcé son portefeuille à travers le rachat des actifs gabonais de Tullow Oil et différentes prises de participations dans des permis pétroliers.

Cette montée en puissance change progressivement la nature même de la compagnie nationale. La GOC n’est plus seulement appelée à représenter les intérêts de l’État dans l’industrie pétrolière : elle ambitionne de devenir un opérateur disposant d’un portefeuille suffisamment important pour peser directement sur la production nationale. Une stratégie potentiellement créatrice de valeur, mais qui exige simultanément une gouvernance robuste, une discipline financière rigoureuse et une transparence accrue sur les performances des actifs acquis.

Un pari en bonne voie, mais dont les comptes devront parler

Le constat peut donc être posé sans transformer prématurément une progression industrielle en victoire financière. Le passage d’environ 45 000 à 57 000 barils par jour constitue un résultat mesurable. Il indique que l’actif repris par l’État n’a pas simplement été conservé : sa production a progressé malgré la maturité des champs. C’est déjà un élément important pour apprécier le pari effectué en 2024.

Reste maintenant l’essentiel. Comme le souligne Direct Infos Gabon, le « pari Assala » entre dans une phase où « sa rentabilité et sa capacité à générer des revenus durables pour le Gabon seront scrutées de près ». C’est probablement le véritable indicateur à suivre : non plus seulement combien de barils Assala produit, mais combien de valeur nette cette souveraineté pétrolière retrouvée rapporte effectivement au Gabon et à ses finances publiques.

Casimir Mapiya

« Le journaliste est un interprète de la curiosité publique.» Bernard Pivot Bernard Pivot

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GMT TV

Ce message d’erreur est visible uniquement pour les administrateurs/administratrices de WordPress.

Erreur 403 : The request cannot be completed because you have exceeded your quota..

Domain code: youtube.quota
Reason code: quotaExceeded

Erreur : aucune vidéo n’a été trouvée.

Assurez-vous qu’il s’agit d’un identifiant de chaine valide et que la chaine a des vidéos disponibles sur youtube.com.

Bouton retour en haut de la page