Gouvernance numérique : le Gabon en campagne pour intégrer le Conseil de l’UIT
Le Gabon entend renforcer sa présence dans les instances internationales chargées de définir les orientations mondiales des télécommunications. En marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Mark-Alexandre Doumba, a participé à une consultation ministérielle de haut niveau de l’Union africaine consacrée à la gouvernance de l’Union internationale des télécommunications (UIT). Candidat à l’un des 48 sièges du prochain Conseil de l’organisation, Libreville accueillera parallèlement, les 29 et 30 octobre 2026, une rencontre ministérielle africaine destinée à rapprocher les positions du continent avant la Conférence de plénipotentiaires de Doha.
La bataille pour la représentation dans les institutions internationales du numérique se prépare plusieurs semaines avant le rendez-vous décisif de Doha. À New York, Mark-Alexandre Doumba a ainsi participé aux consultations africaines aux côtés notamment de Nthati Moorosi, présidente du Comité technique ministériel de l’Union africaine et ministre de la Communication, des Sciences et des Technologies du Lesotho, et de Lerato Dorothy Mataboge, commissaire chargée des Infrastructures et de l’Énergie à la Commission de l’Union africaine. Plusieurs autres délégations ont participé aux discussions à distance.
Libreville pour construire une position africaine
Les discussions de New York ont notamment permis de préparer la rencontre ministérielle de haut niveau de l’Union africaine annoncée à Libreville les 29 et 30 octobre prochains. Pendant deux jours, les États africains devront examiner plusieurs dossiers directement liés aux transformations actuelles de l’économie numérique et tenter de dégager des positions communes avant les prochaines échéances internationales.
Parmi les sujets annoncés figurent la régulation des contenus numériques, leur monétisation au bénéfice de la jeunesse africaine, les relations avec les fournisseurs de services Internet par satellite ainsi que le développement des infrastructures numériques. Des questions devenues stratégiques à mesure que les plateformes, les opérateurs satellitaires et les infrastructures technologiques occupent une place croissante dans les économies africaines. Pour le continent, l’enjeu consiste également à renforcer sa capacité à peser collectivement sur les règles qui structurent cet environnement.
Le Gabon vise l’un des 48 sièges du Conseil de l’UIT
Le rendez-vous de Libreville précédera de quelques jours la Conférence de plénipotentiaires de l’UIT, prévue à Doha du 9 au 27 novembre 2026. Cette échéance doit notamment conduire à l’élection des 48 États membres du prochain Conseil de l’organisation. Le Gabon est officiellement candidat à l’un de ces sièges.
Cette candidature traduit la volonté des autorités de disposer d’une voix dans les discussions relatives aux grandes orientations des télécommunications et de la gouvernance numérique internationale. Une éventuelle élection donnerait au pays l’occasion de participer plus directement aux travaux de l’UIT tout en contribuant à la représentation des priorités africaines dans les instances de décision.
De la diplomatie numérique aux enjeux nationaux
La séquence New York-Libreville-Doha dessine ainsi une stratégie de diplomatie numérique que le ministère entend inscrire dans les priorités du gouvernement en matière de transformation digitale et de souveraineté technologique. Elle intervient également à un moment où plusieurs problématiques débattues au niveau international trouvent une traduction directe au Gabon, qu’il s’agisse de connectivité, d’accès aux infrastructures, de régulation ou encore de développement des usages numériques.
Au-delà de l’obtention éventuelle d’un siège au Conseil de l’UIT, l’enjeu sera donc de convertir cette présence diplomatique en capacité d’influence et en retombées pour l’écosystème numérique national. Le rendez-vous de Libreville des 29 et 30 octobre constituera à cet égard une première étape : celle de la capacité des États africains à transformer leurs préoccupations communes en positions suffisamment coordonnées pour peser dans les arbitrages internationaux de Doha.








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