Eramet Comilog : du manganèse à la construction d’un écosystème économique
Longtemps, l’empreinte d’une entreprise minière s’est principalement appréciée à travers sa production, ses exportations, ses emplois directs et sa contribution aux finances publiques. Le Rapport RSE 2025 d’Eramet Comilog met en lumière une ambition plus large : faire de l’activité minière un levier de développement économique et social dans les territoires où l’entreprise est implantée. Achats locaux, financement des entrepreneurs, formation, agriculture, santé ou encore numérique dessinent progressivement un écosystème destiné à prolonger la valeur créée par le manganèse dans l’économie gabonaise.
Que reste-t-il durablement dans un territoire lorsque la richesse qui y est exploitée provient d’une ressource naturelle épuisable ? Cette interrogation est au cœur des responsabilités auxquelles sont confrontées les industries extractives. Pour Eramet Comilog, acteur historique de l’exploitation du manganèse au Gabon, la réponse présentée dans son bilan RSE 2025 passe par une multiplication d’investissements destinés à renforcer les capacités locales. L’entreprise ne renonce évidemment pas à sa vocation industrielle, mais cherche à articuler celle-ci avec une politique de contenu local, de développement des compétences et de diversification économique susceptible de produire des effets au-delà du périmètre de la mine.
Faire circuler davantage la valeur dans l’économie gabonaise
La politique d’achats constitue l’un des premiers leviers de cette stratégie. Eramet Comilog indique que 75 % de ses achats sont réalisés au Gabon. Derrière cet indicateur se joue une question essentielle : celle de la capacité d’une grande entreprise industrielle à utiliser sa puissance de commande pour soutenir les fournisseurs et prestataires implantés sur le territoire national.
L’effet recherché peut aller bien au-delà de la relation entre Comilog et ses fournisseurs. Lorsqu’une entreprise locale remporte un marché, investit, recrute ou fait elle-même travailler d’autres prestataires, une partie de la dépense initiale irrigue progressivement le reste de l’économie. Tout l’enjeu est désormais d’accroître, au sein de ces achats réalisés au Gabon, la part des biens et services effectivement produits ou transformés localement afin de renforcer encore la valeur ajoutée nationale.
Financer ceux qui veulent entreprendre
Cette logique se retrouve dans le fonds d’amorçage développé pour faciliter l’accès au financement des TPE et entrepreneurs individuels. Selon le Rapport RSE 2025, 1,170 milliard de FCFA ont été engagés depuis le lancement du dispositif pour financer 197 projets locaux. Pour la seule année 2025, 44 projets ont bénéficié de 260 millions de FCFA.
L’accompagnement ne se limite pas au financement. Les « Cafés Business » ont réuni 138 entrepreneurs, tandis que 1 078 élèves issus de dix lycées ont été sensibilisés à l’entrepreneuriat. En agissant à la fois sur le crédit, l’accompagnement et l’apprentissage de la culture entrepreneuriale, Eramet Comilog cherche ainsi à favoriser l’émergence d’activités susceptibles de réduire progressivement la dépendance des territoires aux seuls emplois directement générés par la mine.
De Bakoumba à Djoutou, diversifier les activités
Le Projet agro-sylvo-pastoral de Bakoumba illustre cette volonté de créer de nouvelles chaînes de valeur. Doté de 967,5 millions de FCFA, il associe notamment pisciculture, production de champignons, huile de ricin et fabrication d’aliments pour bétail. La logique consiste à relier producteurs locaux et transformation afin qu’une plus grande partie de la valeur puisse être conservée sur le territoire.
À Djoutou, l’approche est plus communautaire. Une miellerie de 200 m² regroupant six villages est entrée en production en novembre 2025. Elle a permis la création de dix emplois directs et produit plus de 250 kilogrammes de miel biologique, tandis que la cire est valorisée sous forme de bougies artisanales. Deux projets différents par leur dimension, mais réunis par une même orientation : passer progressivement de l’assistance à la production.
Miser sur les compétences et l’autonomie
Le développement économique passe également par la formation. À l’École des Mines et de la Métallurgie de Moanda, fruit d’un partenariat avec l’État gabonais, 237 jeunes ont été formés entre les promotions 1 et 8, avec un taux d’insertion professionnelle annoncé de 75 %. À travers le FabLab de Moanda, les jeunes peuvent parallèlement se familiariser avec le développement web et mobile, l’électronique, la fabrication numérique, la modélisation 3D ou encore la robotique.
La même philosophie se retrouve dans le programme « 1 Taxi, un Emploi, un Avenir ». Vingt jeunes chauffeurs de Franceville, Moanda et Mounana disposent d’un véhicule neuf qu’ils doivent progressivement acquérir sur quatre ans. L’objectif n’est plus simplement de permettre l’exercice immédiat d’une activité, mais d’accompagner les bénéficiaires vers la propriété de leur outil de travail.
Une empreinte également sociale
Le développement territorial ne saurait toutefois se limiter à l’activité économique. Dans le domaine sanitaire, l’Hôpital Marcel Abéké constitue l’une des principales réalisations associées à la présence d’Eramet Comilog à Moanda. En 2025, l’établissement a enregistré 37 819 consultations, 115 525 analyses de laboratoire, 7 605 examens d’imagerie et 717 accouchements. L’entreprise indique également avoir consacré 450 millions de FCFA à l’acquisition d’un scanner et au bâtiment destiné à l’abriter.
Ces interventions sanitaires, auxquelles s’ajoute l’accompagnement d’autres structures de proximité, rappellent que l’attractivité et la résilience d’un territoire reposent aussi sur l’accès aux services essentiels. Santé, compétences et activité économique forment ainsi les différentes dimensions d’une même problématique : créer autour du bassin minier des conditions permettant aux populations de bénéficier plus largement de la richesse générée.
Construire l’après-mine dès aujourd’hui
C’est probablement sur ce terrain que la stratégie d’Eramet Comilog devra désormais être évaluée. Le nombre de projets financés ou le montant des investissements constituent des indicateurs importants, mais ils ne suffisent pas à mesurer la transformation d’un territoire. Il faudra également observer la pérennité des entreprises créées, les emplois maintenus, les revenus générés, l’insertion des jeunes formés et la capacité des filières nouvelles à fonctionner sans soutien permanent de la compagnie.
Pour le Gabon, cette question dépasse d’ailleurs le seul cas d’Eramet Comilog. Dans une économie fortement dotée en ressources naturelles, la réussite du modèle extractif devrait aussi se mesurer à sa capacité à convertir une richesse épuisable en capital humain, entreprises, savoir-faire et infrastructures durables. À Moanda, Bakoumba, Djoutou et le long du Transgabonais, c’est cette transformation du manganèse en capacités économiques pérennes qui constituera, à terme, la mesure la plus significative de l’empreinte laissée par Eramet Comilog.









GMT TV
Erreur 403 : The request cannot be completed because you have exceeded your quota..
Domain code: youtube.quota
Reason code: quotaExceeded
Erreur : aucune vidéo n’a été trouvée.
Assurez-vous qu’il s’agit d’un identifiant de chaine valide et que la chaine a des vidéos disponibles sur youtube.com.