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Gabon : avec 297 100 habitants, le Haut-Ogooué s’impose comme la première province de l’intérieur

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Avec 297 100 habitants sur les 3 518 621 recensés au Gabon en 2026, le Haut-Ogooué, identifié comme le G2, est la deuxième province la plus peuplée du pays, derrière l’Estuaire et ses 2 184 908 habitants. Il devance légèrement l’Ogooué-Maritime, qui compte 292 652 résidents. Avec environ 8,4 % de la population nationale, le Haut-Ogooué apparaît ainsi comme le principal bassin démographique de l’intérieur du pays. Une position qui doit désormais être consolidée par une politique économique capable de maintenir les populations et de renforcer l’attractivité de Franceville et des autres localités de la province.

Les résultats du Recensement général de la population et du logement (RGPL) 2026 mettent surtout en évidence une particularité : malgré la domination démographique écrasante de l’Estuaire, le Haut-Ogooué conserve une masse humaine relativement importante. Franceville, Moanda, Mounana, Okondja ou encore Lékoni constituent autant de pôles autour desquels pourrait s’organiser un développement territorial plus équilibré. Le défi consiste désormais à faire correspondre ce poids démographique aux possibilités d’emploi, de formation et de création de richesse disponibles localement.

Une province portée par plusieurs pôles économiques

Le Haut-Ogooué bénéficie d’un avantage que toutes les provinces de l’intérieur ne possèdent pas : plusieurs centres urbains disposant de fonctions économiques distinctes. Franceville concentre une part importante des services administratifs, sanitaires, éducatifs et commerciaux, tandis que Moanda occupe une place stratégique dans l’économie minière nationale.

Cette configuration peut contribuer à expliquer la capacité du G2 à conserver une population plus importante que les autres provinces de l’intérieur. Elle montre surtout qu’une province devient attractive lorsque les activités économiques ne reposent pas exclusivement sur l’administration. Pour autant, le poids de l’industrie extractive pose également la question de la diversification et de la transformation locale des richesses produites.

Transformer les ressources en emplois durables

L’enjeu pour le Haut-Ogooué est précisément de faire en sorte que l’exploitation de ses ressources génère davantage d’activités économiques autour d’elle. Sous-traitance locale, transformation, maintenance industrielle, logistique, agriculture et services peuvent constituer autant de relais permettant de multiplier les emplois et de consolider le tissu entrepreneurial provincial.

Cette stratégie nécessite également une politique ambitieuse de formation. Les établissements d’enseignement supérieur et professionnel doivent davantage correspondre aux besoins du bassin économique local. Maintenir les jeunes dans la province suppose qu’ils puissent y trouver non seulement des établissements de formation, mais également des débouchés correspondant à leurs qualifications.

Le G2 n’échappe pas à l’attraction de Libreville

Avec près de 300 000 habitants, le Haut-Ogooué demeure pourtant très éloigné de l’Estuaire. Ce dernier compte plus de sept fois sa population. L’écart rappelle à quel point la concentration démographique autour du Grand Libreville dépasse désormais la seule question de l’exode des villages : elle concerne aussi les capitales provinciales et les principales villes secondaires.

Renforcer Franceville et Moanda comme véritables pôles alternatifs devient donc une question nationale d’aménagement du territoire. Santé spécialisée, enseignement supérieur, administration, culture, numérique, logement et emplois qualifiés doivent permettre à ces villes d’offrir des perspectives comparables, dans certains domaines, à celles recherchées dans la capitale.

297 100 habitants, un modèle à consolider

Le Haut-Ogooué démontre finalement qu’un territoire de l’intérieur peut conserver un poids démographique conséquent lorsqu’il dispose de plusieurs centres urbains et d’une activité économique structurante. Mais cette position demeure fragile si les investissements et les opportunités continuent de se concentrer principalement dans l’Estuaire.

Avec 297 100 habitants, le G2 dispose donc d’un socle sur lequel construire un véritable pôle de développement régional. Pour l’État, l’objectif devrait désormais être double : consolider cette attractivité et faire en sorte que la richesse produite dans le Haut-Ogooué se traduise davantage par des emplois, des services et des perspectives durables pour ceux qui y vivent.

Casimir Mapiya

« Le journaliste est un interprète de la curiosité publique.» Bernard Pivot Bernard Pivot

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