CEMAC : 231 milliards de FCFA d’arriérés des États, un exécutif à bout de souffle

Réunis à Brazzaville ce 13 juin 2026 à l’occasion de la 45ᵉ session du Conseil des ministres de l’Union économique de l’Afrique centrale (UEAC), les responsables de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) ont placé le redressement financier au cœur de leurs travaux. Présidant la session, le ministre congolais en charge de l’Intégration régionale, Ludovic Ngatsé, a appelé à une accélération des réformes de gouvernance afin de restaurer la crédibilité des institutions communautaires. Il a notamment insisté sur la finalisation des manuels de procédures, le renforcement des audits financiers et la mise en place d’un Comité d’audit opérationnel.
Le constat dressé par le président de la Commission de la CEMAC, Baltasar Engonga Edjo’o, est particulièrement préoccupant. La Communauté fait face à des arriérés dépassant 231 milliards de FCFA, tandis que le taux de recouvrement de la Taxe communautaire d’intégration (TCI) plafonne à 50,67 %, privant les institutions communautaires de près de la moitié des ressources attendues. Cette situation met en évidence l’essoufflement du modèle budgétaire actuel et renforce l’urgence d’adopter des mesures contraignantes pour garantir un reversement automatique de la TCI par les États membres.
Une réforme budgétaire devenue incontournable
Les ministres sont ainsi appelés à prendre des décisions susceptibles de mettre fin à plusieurs années de dysfonctionnements financiers. L’adoption d’une résolution politique imposant le reversement automatique de la TCI apparaît comme l’un des principaux enjeux de cette session. Une telle mesure permettrait de sécuriser les recettes communautaires, de réduire progressivement les 231 milliards de FCFA d’arriérés et d’assurer un financement plus stable des politiques d’intégration régionale.
Les travaux portent également sur plusieurs dossiers techniques majeurs, notamment la redevance de sécurité aérienne et le déploiement du free-roaming dans l’espace communautaire. À Brazzaville, les États membres affichent leur volonté de rompre avec le statu quo et les reports successifs qui freinent depuis plusieurs années les ambitions de la CEMAC. La réussite de cette 45ᵉ session dépendra désormais de la capacité des ministres à transformer ces engagements en décisions concrètes, avec pour priorité le rétablissement durable de l’équilibre financier de la Communauté.










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