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BEAC : suspension des opérations de refinancement des crédits à moyen terme

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La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) vient de suspendre les opérations de refinancement des crédits à moyen terme, un outil jusqu’ici crucial pour soutenir l’investissement dans le secteur productif de la sous-région. L’information, révélée par l’Agence gabonaise de presse (AGP) de source interne à l’institution, marque un point d’arrêt stratégique pour les banques commerciales de la zone Cemac.

Cette décision, actée lors du dernier Comité de politique monétaire (CPM) à Yaoundé, ne s’inscrit pas dans une logique de sanction, mais bien de mise à jour. « Il s’agit d’une suspension provisoire, le temps de nous permettre de moderniser le mécanisme de fonctionnement de ce guichet qui, comme vous le savez, est un mécanisme ancien », nuance une source interne de la banque centrale citée par l’AGP.

Concrètement, si l’institut d’émission refuse désormais les nouvelles requêtes des banques commerciales, il s’engage à traiter l’ensemble des dossiers déjà réceptionnés avant le gel de la mesure.

Adapter un outil né dans les années 90

Ce coup de frein temporaire n’est pas une surprise totale. Lors de la conférence de presse du 29 septembre 2025, le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, avait déjà pavé la voie à une refonte de ce dispositif historique, autrefois baptisé « guichet B ». Actif depuis les années 1990, le cadre réglementaire de ce guichet nécessitait une profonde relecture. L’objectif affiché par le gouverneur est limpide : adapter l’outil aux réalités économiques et financières contemporaines de la région.

Pour mémoire, les interventions de la BEAC s’articulent autour de deux leviers majeurs. Le guichet A gère le quotidien du marché monétaire via les injections et les reprises de liquidités. Le guichet B, quant à lui, se focalise exclusivement sur le financement du tissu productif, avec des règles d’attribution strictes.

Des règles de gouvernance bien ancrées

Jusqu’à cette suspension, le guichet B finançait au maximum 60 % du coût global d’un projet. Le niveau de validation dépendait ensuite des montants engagés : le gouverneur tranchait pour les dossiers allant jusqu’à 20 milliards de FCFA, tandis que le CPM reprenait la main au-delà de ce seuil. Les directions nationales, de leur côté, géraient les enveloppes trimestrielles plus modestes. C’est toute cette architecture que la banque centrale s’apprête à dépoussiérer pour dynamiser l’économie régionale.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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