Voie de contournement : le collectif des habitants d’Okala réclame plus de concertation

Réunis le vendredi 5 juin 2026 à Okala, dans la commune de Libreville, les habitants regroupés au sein d’un collectif ont exprimé leurs préoccupations face au projet d’élargissement de la route traversant leur localité. Tout en se disant favorables au développement des infrastructures, ils demandent aux autorités davantage de concertation, de transparence et de garanties pour les populations susceptibles d’être impactées par les travaux.
L’inquiétude gagne progressivement les populations d’Okala. Lors d’une réunion organisée vendredi dernier par le collectif des habitants, plusieurs riverains, notables et responsables communautaires se sont réunis. Ils ont échangé sur les conséquences du projet d’extension de la voie reliant cette partie nord de Libreville. Au centre des discussions : le manque d’informations officielles sur les contours du projet et ses éventuelles répercussions sur les habitations et les terrains riverains.
Les riverains redoutent l’ampleur des démolitions
Les habitants s’inquiètent notamment des conséquences des futurs travaux sur leurs habitations et leurs terrains. Des interrogations persistent concernant les démolitions, les délais de mise en œuvre et les indemnisations. Plusieurs participants affirment que des opérations de repérage ont été menées dans la zone par des agents de l’ANUTTC accompagnés de forces de sécurité, avec le marquage de certaines propriétés. Ils indiquent également que l’emprise du projet aurait évolué, passant de « 3 mètres de chaque côté de la route » à « environ 15 mètres », une évolution qui alimente fortement les inquiétudes au sein des riverains. Face à cette situation, Gabriel Obiang Othoghe a lancé un appel aux autorités en affirmant : « Nous souhaiterons que quand il y a des travaux comme ça à faire, qu’on se rapproche de la population, qu’on voie les notables et les autorités pour qu’au moins on trouve un consensus. »
Prenant la parole devant l’assistance, le chef de quartier d’Okala-Niomolen-Sissiba, Gabriel Obiang Othoghe, a tenu à rappeler l’identité historique de cette localité, qu’il considère avant tout comme un village ancestral. « Okala est un village, ce n’est pas un quartier, c’est la ville qui est venue nous trouver dans notre village. Comment peut-on expliquer à des villageois qu’on s’apprêtent à casser leur village? Si tel est le cas, où vont-ils allés ? », a-t-il déclaré. Tout en saluant la volonté de l’État d’améliorer les infrastructures routières, il a regretté le manque de concertation avec les autorités locales et les populations concernées.
Un appel au respect du patrimoine et à un cadre de concertation
Intervenant à son tour, le résident Édouard Ekomie a insisté sur la dimension historique et culturelle d’Okala. Revenant sur les origines de la route dans les années 1950, il a rappelé que les populations avaient été associées aux premiers aménagements. Selon lui, les travaux actuels doivent aussi prendre en compte les terres familiales, les lieux de mémoire et les sépultures ancestrales. « Ce que nous demandons aux autorités qui viendront, c’est de voir le collectif afin que nous puissions trouver des solutions pour que ces travaux se passent dans les règles de l’art », a-t-il plaidé.
Au terme de la rencontre, les habitants d’Okala ont appelé les autorités à instaurer un cadre de concertation avec les représentants locaux et les populations concernées. Favorables au développement des infrastructures, ils souhaitent néanmoins que le projet se déroule dans un climat de dialogue, de transparence et de respect mutuel. Une telle démarche permettrait de concilier modernisation et préservation de l’histoire du village.
Heldy Oyono, Journaliste Stagiaire










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