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Lettre ouverte : Hugues Ongoundou exhorte Oligui Nguema à faire du sacrifice une exigence nationale

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Entrepreneur plurisectoriel de la diaspora, président de la Fédération des communautés africaines des Alpes-Maritimes et de Monaco, Hugues Ongoundou adresse une lettre ouverte au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Saluant le courage du chef de l’État lors des événements du 30 août 2023, il estime que le temps est désormais venu pour l’ensemble des responsables publics de partager l’effort national. Dans ce plaidoyer, il appelle le gouvernement, les parlementaires et les hauts fonctionnaires à renoncer à une partie de leurs privilèges afin de dégager des ressources au profit du logement social, de la diversification économique et de la reconstruction du Gabon. Lecture.

Lettre ouverte au Président de la République : le sacrifice du 30 août appelle des sacrifices pour sauver le Gabon

Monsieur le Président de la République,

Le 30 août, vous avez posé un acte que l’Histoire retiendra. Vous avez pris le risque suprême : celui de perdre votre vie, celle de votre famille et celle de vos hommes pour libérer le Gabon. Peu d’hommes peuvent être habiter d’un tel courage,accepté de tout risquer pour leur peuple.

Je n’ose même pas imaginer ce qui se serait passé si cette opération avait échoué. Au regard des pratiques de l’ancien régime, qui n’épargnait personne, les conséquences auraient été dramatiques. Vous avez fait le sacrifice ultime pour offrir une nouvelle chance à notre Nation.

Depuis votre prise de pouvoir, il faut être de mauvaise foi pour nier que des améliorations majeures ont été engagées. Le Gabon était devenu un immense champ de ruines, conséquence d’une gouvernance destructrice. Et que serait devenu notre pays sous un troisième mandat d’Ali Bongo ? Je  pense que nous aurions assisté à un éboulement a l’effondrement total de l’État.

Aujourd’hui, vous êtes de ceux qui ont pris tous les risques qui ont fait l’histoire des mondes et de notre pays. Mais il est temps que ceux qui vous entourent prennent, eux aussi, leur part de responsabilité, leur part de risques,

Le Gouvernement, les députés, les sénateurs, les hauts fonctionnaires et l’ensemble des institutions de la République doivent envoyer un signal fort au peuple gabonais. Ils doivent  renoncer à une partie de leurs privilèges et avantages. Ce serait un acte de patriotisme,de respect de votre sacrifice,de solidarité nationale et de respect envers le sacrifice consenti le 30 août.

Ces économies ne doivent pas disparaître dans les dépenses de fonctionnement. Elles doivent servir à financer des priorités vitales.

D’abord, un vaste programme d’urgence de construction de logements sociaux. Des milliers de familles gabonaises vivent encore dans des conditions indignes, insalubres et dangereuses pour leur santé,mes pensées vont vers ces familles courageuses des deguerpis,a ces héroïnes ,a ces femmes championnes du cautidien d’owendo, plein orety derrière l’assemblée qui se battent dans des conditions atroces… Le développement ne se mesure pas uniquement à la construction de routes ou d’immeubles administratifs. Il se mesure d’abord à la capacité d’un État à protéger la vie de ses citoyens. Il est urgent de permettre à ces familles de vivre dignement afin qu’elles puissent, elles aussi, voir le Gabon se transformer.

Ensuite, ces ressources doivent être investies dans la diversification de notre économie. La seule réponse durable au chômage et à la pauvreté est la création de chaînes de valeur nationales, »un pays de pauvres ne se développe jamais,le soutien aux entreprises, la transformation locale de nos richesses et la création d’emplois. Les solutions existent. Il faut désormais le courage de les mettre en œuvre.

En revanche, vendre les concessions minières de l’État pour faire face aux difficultés financières serait, à mes yeux, une grave erreur. Ce ne serait pas une stratégie économique ; ce serait une tragédie. Ce serait du simple « Make Up économique.

On ne rembourse pas durablement une dette en vendant le patrimoine de la Nation. Car après avoir vendu une concession, que vendra-t-on demain ? Puis après-demain ? C’est une logique qui conduit progressivement à l’appauvrissement a la ruine de  l’État.

Une dette se rembourse par la réduction des dépenses publiques inutiles, par une gestion rigoureuse, par la lutte contre les gaspillages, mais surtout par la création de nouveaux moteurs de croissance ,des nouveaux poumons économiques,les solutions sont nombreuses. Un pays se redresse en produisant davantage de richesses, pas en liquidant ses actifs stratégiques.

Monsieur le Président, il existe des Gabonaises et des Gabonais compétents,essencé par l’âme même de la nation,par notre encestralite,patriotes et profondément attachés à leur pays. Beaucoup sont prêts monsieur le Président,mon général a formé les rangs et a combattre a vos côtés, a vous accompagner dans cette guerre pour la reconstruction du Gabon nouveau. Certains sont même disposés à travailler sans privilèges, sans avantages, voire sans rémunération immédiate, à condition que les missions soient clairement définies et que les résultats soient atteints.

Le Gabon est à un tournant historique. Le risque ,le sacrifice du 30 août ne doivent pas rester ceux d’un seul homme et de quelques militaires. Ils doivent devenir le point de départ d’un engagement collectif où chacun accepte de renoncer à une part de ses privilèges pour doper la construction de notre Nation.

L’Histoire jugera les actes, pas les discours. Le peuple gabonais attend des décisions courageuses. Il est encore temps de transformer l’espoir en héritage.

Hugues Ongoundou 

Président de la Fédération des communautés africaines des Alpes-Maritimes et de Monaco

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