UNICEF : l’exposition précoce et excessive aux écrans à éviter avant l’âge de 3 ans
Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a publié son rapport 2026, dans lequel il met en garde contre les effets d’une exposition précoce et excessive des jeunes enfants aux écrans. L’organisation rappelle que les écrans sont déconseillés avant l’âge de 3 ans, une période essentielle au développement du cerveau et du langage. En s’appuyant sur les données de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), l’UNICEF indique que les enfants régulièrement exposés aux écrans présentent un risque trois fois plus élevé de développer des troubles primaires du langage.
Si les écrans sont parfois utilisés par les parents comme moyen de distraction ou pour apaiser un enfant, l’UNICEF insiste sur la nécessité d’en limiter l’usage durant les premières années de vie. Au-delà des difficultés de langage, une exposition fréquente, notamment le matin ou avant le coucher, favorise des troubles du sommeil ainsi que des comportements addictifs précoces lorsque les écrans servent à calmer ou endormir les plus jeunes. Des chercheurs britanniques rappellent également que le temps passé devant les écrans réduit les interactions avec les adultes et les autres enfants, essentielles au développement cognitif, social et affectif. Cette diminution des échanges peut freiner l’apprentissage du langage tout en favorisant une surstimulation préjudiciable au bon développement de l’enfant.
Des conséquences qui peuvent durer plusieurs années
Les études scientifiques mettent également en évidence des effets à plus long terme. Une recherche menée en 2017 par l’Université de Toronto indique que placer régulièrement un bébé devant un dessin animé peut favoriser l’apparition de retards de langage. Une exposition télévisuelle importante au cours des premières années de vie pourrait aussi entraîner des répercussions persistantes jusqu’à l’âge de 10 ans, avec une augmentation de 5 % de l’indice de masse corporelle, une baisse de 7 % de l’attention en classe et une diminution de 6 % des performances en mathématiques.
Face à ces constats, l’UNICEF appelle à une mobilisation des pouvoirs publics, des plateformes numériques et des familles. Le rapport révèle que 44,3 % des enfants exposés aux écrans le matin présentent des troubles du langage. Il indique également que 27 % des enfants de 2 ans utilisent déjà un écran numérique, contre 54 % à l’âge de 5 ans et demi. Pour inverser cette tendance, l’organisation recommande d’éviter toute exposition précoce et excessive avant 3 ans, puis de promouvoir des repères clairs concernant les temps d’écran, les contenus adaptés à l’âge et les moments où leur utilisation doit être proscrite. Elle encourage également le développement d’environnements numériques mieux adaptés aux enfants et de mécanismes de vérification de l’âge respectueux de la vie privée.









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